‹ Théâtre completChapitre 604 sur 1720 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

CÉTHÉGUS, LENTULUS SURA, retirés vers le devant.

SURA

Tous ces pères de Rome, au sénat appelés, Incertains de leur sort et de soupçons troublés, Ces monarques tremblants tardent bien à paraître.

CÉTHÉGUS

L'oracle des Romains, ou qui du moins croit l'être, Dans d'impuissants travaux sans relâche occupé, Interroge Septime, et, par ses soins trompé, Il a retardé tout par ses fausses alarmes.

SURA

Plût au ciel que déjà nous eussions pris les armes! Je crains, je l'avouerai, cet esprit du sénat, Ces préjugés sacrés de l'amour de l'Etat,

Cet antique respect et cette idolâtrie,

Que réveille en tout temps le nom de la patrie.

CÉTHÉGUS

La patrie est un nom sans force et sans effet; On le prononce cncor, mais il n'a plus d'objet. Le fanatisme usé des siècles héroïques Se conserve, il est vrai, dans les âmes stoïques ; Le reste est sans vigueur ou fait des vœux pour Cicéron, respecté, n'a fait que des jaloux; [nous. Caton est sans crédit ; César nous favorise: Défendons-nous ici, Rome sera soumise.

SURA

Mais si Catilina, par sa femme séduit, De tant de nobles soins nous ravissait le fruit ! Tout homme a sa faiblesse, et cette âme hardie Reconnaît en secret l'ascendant d'Aurélie. Il l'aime, il la respecte, il pourra lui céder.

CÉTHÉGUS

Sois sûr qu'à son amour il saura commander.

SURA

Mais tu l'as vu frémir ; tu sais ce qu'il en coûte, Quand de tels intérêts....

CÉTHÉGUS, en le tirant à part.

Caton approche, écoule.

[Lentulus et Cèthégus s'asseyent à un bout de la salle,)

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