SCÈNE II
CATON entre au sénat avec LUCULLUS, CRASSUS, FAYOMUS, CLODIUS, MURÉNA, CÉSAR, CA- TULLUS, MARCELLLS, etc.
CATON, en regardant les deux conjurés.
Lucullus, je me trompe, ou ces deux confidents S'occupent en secret de soins trop importants. Le crime est sur leur front qu'irrite ma présence. Déjà la trahison marche avec arrogance.
Le sénat qui la voit cherche à dissimuler. Le démon de Sylla semble nous aveugler. L'àme de ce tyran dans le sénat respire.
CÉTHÉGUS
Je vous entends assez, Caton ; qu'osez-vous dire ? CATON, en s' asseyant, tandis que les autres prennent place. Que les dieux du sénat, les dieux de Scipion, Qui contre toi, peut-être, ont inspiré Caton, Permettent quelquefois les attentats des traîtres; Qu'ils ont à des tyrans asservi nos ancêtres ; Mais qu'ils ne mettront pas en de pareilles mains La maîtresse du monde et le sort des humains. J'ose encore ajouter que son puissant génie, Qui n'a pu qu'une fois souffrir la tyrannie, Pourra dans Cèthégus et dans Catilina Punir tous les forfaits qu'il permit à Sylla.
CÉSAR
Caton, que faites-vous? et quel affreux langage ! Toujours votre vertu s'explique avec outrage. Vous révoltez les cœurs au lieu de les gagner.
[César s'assied.)