‹ Théâtre completChapitre 640 sur 1720 · C.EXGIS · texte numérisé non relu

C.EXGIS

Je saurai démêler un pareil artifice, Et qui m'a pu tromper est sûr de son supplice. Ce peuple de vaincus prétend-il m'aveugler? Et veut-on que le sang recommence à conter?

OGTAR.

Celte femme ne peut tromper votre prudence. Du fils de l'empereur elle a conduit l'enfance : Aux enfants de son maître on s'attache aisément ; Le danger, le malheur ajoute au sentiment. Le fanatisme alors égale la nature, Et sa douleur si vraie ajoute à l'imposture. Bientôt de son secret perçant l'obscurité, Vos yeux sur cette nuit répandront la clarté.

Quelle est donc cette femme?

OCTAR.

On dit qu'elle est unie A l'un de ces lettrés que respectait l'Asie, Qui, trop enorgueillis du faste de leurs lois, Sur leur vain tribunal osaient braver cent rois. Leur foule est innombrable : ils sont tous dans

[les chaînes ; Us connaîtront enfin des lois plus souveraines. Zamti, c'est là le nom de cet esclave altier Qui veillait sur l'enfant qu'on doit sacrifier.

GENGIS

Allez interroger ce couple condamnable ; Tirez la vérité de leur bouche coupable. Que nos guerriers surtout, à leurs postes fixés, Veillent dans tous les lieux où je les ai placés ; Qu'aucun d'eux ne s'écarte. On parle de surprise: Les Coréens, dit-on, tentent quelque entreprise ; Vers les rives du fleuve on a vu des soldats. Nous saurons quels mortels s'avancent au trépas, Et si l'on veut forcer les enfants de la guerre A porter le carnage aux bornes de la terre.

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