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L'ORPHELIN DE LA CHINE, ACTE III, SCENE III

GENGIS

Rassurez- vous ; sortez de cet effroi pressant... Ma surprise, madame, est égale à la vôtre... Le destin qui fait tout nous trompal'un et l'autre. Les temps sont bien changés : mais si l'ordre des

[ci eux D'un habitant du Nord, méprisable à vos yeux, A fait un conquérant sous qui tremble l'Asie, Ne craignez rien pour vous : votre empereur oublie Les affronts qu'en ces lieux essuya Témugin. J'immole à ma victoire, à mon trône, au destin, Le dernier rejeton d'une race ennemie.

Le repos de l'État me demande sa vie:

Il faut qu'entre mes mains ce dépôt soit livré. Votre cœur sur un fils doit être rassuré: Je le prends sous ma garde.

IDAMÉ

A peine je respire.

GENGIS

Mais de la vérité, madame, il faut m'instruira :

Quel indigne artifice ose-t-on m'opposer?

De vous, de votre époux, qui prétend m'imposer ?

IDAMÉ

Ah! des infortunés épargnez la misera.

GENGIS

Vous savez si je dois haïr ce téméraire.

IDAMÉ

Vous, seigneur !

GENOIS.

J'en dis trop, et plus queje ne veux.

IDAMÉ

Ah! rendez-moi, seigneur, un enfant malheureux. Vous me l'avez promis ; sa grâce est prononcée.

GENGIS

Sa grâce est dans vos mains : ma gloire est offen- Mes ordres méprisés, mon pouvoir avili ; [sée, En un mot, vous savez jusqu'où je suis trahi. C'est peu de m'enlever le sang que je demande, De me désobéir alors que je commande : Vous êtes dès longtemps instruite à m'outrager ; Ce n'est pas d'aujourd'hui que je dois me venger. Votre époux!... ce seul nom le rend assez coupable. Quel est donc ce mortel, pour vous si respectable, Qui sous ses lois, madame, a pu vous captiver? Quel est cet insolent qui pense me braver? Qu'il vienne.

IDAMÉ

Mon époux, vertueux et fidèle, Objet infortuné de ma douleur mortelle, Servit son Dieu, son roi, rendit mes jours heureux.

Qui?... lui? Mais depuis quand formàtes-vous ces

idamé. [nœuds?

Depuis que loin de nous le sort qui vous seconde Eut entraîné vos pas pour le malheur du monde.

GENGIS

J'entends: depuis le jour que je fus outragé, Depuis que de vous deux je dus être vengé; Depuis que vos climats ont mérité ma haine.

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