MARIAMNE, ACTE I, SCÈNE IV
SOHEME.
Apprenez encor plus:
J'ai craint longtemps pour elle et je ne tremble Hérode chérira le sang qui la fit naître; [plus. 11 l'a promis du moins à l'empereur son maître. Pour moi, loin d'une cour objet de mon courroux, J'abandonne Solime, et votre frère, et vous; Je pars. Ne pensez pas qu'une nouvelle chaîne Me dérobe à la vôtre et loin de vous m'entraîne. Je renonce à la fois à ce prince, à sa cour, A tout engagemenl el surtout à l'amour. Epargnez le reproche à mon esprit sincère: Quand je ne m'en fais point, nul n'a droit de m'en salome. [faire.
Non, n'attendez de moi ni courroux ni dépit; J'en sa\ais beaucoup plus que vous n'en avez dit. Cette cour, il est vrai, seigneur, a vu des crimes: Il en est quelquefois où des cœurs magnanimes Par le malheur des temps se laissent emporter, Que la vertu répare et qu'il faut respecter; Il en est de plus bas, et de qui la faiblesse Se pare arrogamment du nom de la sagesse. Vous m'entendez peut-être? En vain vous déguisez Pour qui je suis trahie, et qui vous séduisez. Votre fausse vertu ne m'a jamais trompée; De votre changement mon àme est peu frappée : Mais si de ce palais, qui vous semble odieux, Les orages passés ont indigné vos yeux, Craignez d'en exciter qui vous suivraient peut-être Jn>qu'aux faibles États dont vous êtes le maître.
(Elle sort.)