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TANCRÈDE, ACTE III, SCÈNE VI

Ma douleur s'en accroît, ma honte s'en augmente; Tout frémit, tout se tait, aucun ne se présente.

TANCRÈDE

Il s'en présentera; gardez-vous d'en douter.

De quel espoir, seigneur, daignez-vous me flatter?

TANCRÈDE

Il s'en présentera, non pas pour votre fille, Elle est loin d'y prétendre et de le mériter; Mais pour l'honneur sacré de sa noble famille, Pour vous, pour votre gloire et pour votre vertu.

ARGIRE.

Vous rendez quelque vie à ce cœur abattu. Eh ! qui, pour nous défendre, entrera dans la lice? Nous sommes en horreur, on est glacé d'effroi; Qui daignera me tendre une main protectrice? Je n'ose m'en flatter... Qui combattra?

TANCRÈDE

Qui? moi.

Moi, dis-je ; et, si le ciel seconde ma vaillance, Je demande de vous, seigneur, pour récompense, De partir à l'instant sans être retenu, Sans voir Aménaïde et sans être connu.

argire. [voie.

Ah ! seigneur, c'est le ciel, c'est Dieu qui vous en- Mon cœur triste et flétri ne peut goûter de joie; Mais je sens que j'expire avec moins de douleur. Ah ! ne puisje savoir à qui, dans mon malheur, Je dois tant de respect et de reconnaissance? Tout annonce à mes yeux votre haute naissance: Hélas ! qui vois-je en vous ?

TANCRÈDE

Vous voyez un vengeur.

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