SCÈNE IV
ARGIRE, AMÉNAIDE, FANIE.
FANIE.
Partagez l'allégresse publique.
Jouissez plus que nous de ce prodige unique. Tancrède a combattu; Tancrède a dissipé Le reste d'une armée au carnage échappé. Solamir est tombé sous cette main terrible, Victime dévouée à notre État vengé, Au bonheur d'un pays qui devient invincible, Surtout à votre nom qu'on avait outragé. La prompte renommée en répand la nouvelle ; Ce peuple, ivre de joie, et volant après lui, Le nomme son héros, sa gloire, son appui, Parle même du trône où sa vertu l'appelle. Un seul de nos guerriers, seigneur, l'avait suivi. C'est ce même Aldamon qui sous vous a servi. Lui seul a partagé ses exploits incroyables ; Et quand nos chevaliers, dans un danger si grandi, Lui sont venus offrir leurs armes secourantes, Tancrède avait tout fait, il était triomphant. Entendez-vous ces cris qui vantent sa vaillance? On l'élève au-dessus des héros de la France, Des Roland, des Lisois dont il est descendu. Venez de mille mains couronner sa vertu; Venez voir ce triomphe, et recevoir l'hommage, Que vous avez de lui trop longtemps attendu, [ge ; Tout vous rit, tout vous sert, tout venge votre outra- Et Tancrède à vos vœux est pour jamais rendu.
Ah ! je respire enfin: mon cœur connaît la joie.