TANCRÈDE, ACTE V, SCÈNE VI
Ah! mon père, adorons le ciel qui me renvoie, Par ces coups inouïs, tout ce que j'ai perdu. De combien de tourments sa boulé nous délivre ! Ce n'est qu'en ce moment que je commence à vivre. Mon bonheur est au comble; hélas ! il m'est bien dû. Je veux tout oublier; pardonnez-moi mes plaintes, Mes reproches amers et mes frivoles craintes. Oppresseurs de Tancrèdc, ennemis, citoyens, Soyez tous à ses pieds, il va tomber aux miens.
ARGIRE.
Oui, le ciel pour jamais daigne essuyer nos larmes. Je me trompe, ou je vois le fidèle Aldamon, Qui suivait seul Tancrède et secondait ses armes; C'est lui, c'est ce guerrier si cher à ma maison. De nos prospérités la nouvelle est certaine: [peine? Mais d'où vient que vers nous il se traîne avec Est-il blessé? ses yeux annoncent la douleur.