SCÈNE II
MARIAMNE, ÉLISE, SALOME, MAZAEL, NARBAS.
SALOME.
Je viens auprès de vous partager votre joie: Rome me rend un frère, et vous rend un époux Couronné, tout-puissant, et digne enfin de vous. Ses triomphes passés, ceux qu'il prépare encore, Ce titre heureux de Grand dont l'univers l'honore, Les droits du sénat même à ses soins confiés, Sont autant de présents qu'il va mettre à vos pieds. Possédez désormais son âme et son empire, C'est ce qu'à vos vertus mon amitié désire; Et je vais par mes soins serrer lheureux lien Qui doit joindre à jamais votre cœur et le sien.
MARIAMNE
Je ne prétends de vous ni n'attends ce service : Je vous connais, madame, et je vous rends justice; Je sais par quels complots, je sais par quels détours Votre haine impuissante a poursuivi mes jours. Jugeant de moi par vous, vous me craignez peut-être; Mais vous deviez du moins apprendre à me connaître. Ne me redoutez point; je sais également Dédaigner votre crime et votre châtiment: J'ai vu tous vos desseins, et je vous les pardonne; C'est à vos seuls remords que je vous abandonne, Si toutefois, après de si lâches efforts, In cœur comme le votre écoute des remords.