MARIANNE, ACTE II, SCÈNE IV
SA LOME.
C'est porter un peu loin votre injuste colère : Ma conduite, mes soins et l'aveu de mon frère, Peut-être suffiront pour me justifier.
MARIAMNE
Je vous l'ai déjà dit, je veux tout oublier:
Dans l'état où je suis, c'est assez pour ma gloire;
Je puis vous pardonner, mais je ne puis vous croire.
MAZAEL.
J'ose ici, grande reine, attester l'Éternel Que mes soins à regret...
MARIAMNE
Arrêtez, Mazaël ; Vos excuses pour moi sont un nouvel outrage : Obéissez au roi, voilà votre partage :
A mes tyran? vendu, servez bien leur courroux; Je ne m'abaisse pas à me plaindre de vous.
(A Salome.) Je ne vous retiens point, et vous pouvez, madame, Aller apprendre au roi les secrets de mon âme; Dan? son cœur aisément vous pouvez ranimer Un courroux que mes yeux dédaignent de calmer. De tous vos délateurs armez la calomnie: J'ai laissé jusqu'ici leur audace impunie, Et je n'oppose encore à mes vils ennemis Qu'une vertu sans tache et qu'un juste mépris.
SALOME.
Ah ! c'en est trop enfin ; vous auriez dû peut-être Ménager un peu plus la sœur de votre maître. L'orgueil de vos attraits pense tout asservir: Vous me voyez tout perdre et croyez tout ravir ; Votre victoire un jour peut vous être fatale. Vous triomphez... Tremblez, imprudente rivale!