IV, SCENE IV
ANTIGONE
Je persiste, et j'atteste Les mânes d'Alexandre et le courroux céleste Que, tant que je vivrai, je ne souffrirai pas Qu'Olympie à mes yeux passe ici dans ses bras, Et que cet hyménée illégitime, impie, Soit la honte d'Éphèsc et l'horreur de l'Asie.
CASSANDRE
Sans doute il le serait, si tu l'avais formé.
l'hiérophante.
D'un esprit plus remis, d'un cœur moins enflammé, Rendez-vous à la loi, respectez sa justice; Elle est commune à tous, il faut qu'on l'accomplis- La cabane du pauvre et le trône des rois, [se. Également soumis, entendent cette voix; Elle aide la faiblesse, elle est le frein du crime, Et délie à l'autel l'innocente victime.
Si l'époux, quel qu'il soit, et quel que soit son rang, Des parents de sa femme a répandu le sang, Fùt-il purifié dans nos sacrés mystères Par le l'eu de Yesta, par les eaux salutaires, Et par le repentir, plus nécessaire qu'eux, Son épouse en un jour peut former d'autres nœuds ; Elle le peut sans honte, à moins que sa clémence, A l'exemple des dieux, ne pardonne l'offense. La loi donne un seul jour; elle accourcit les temps Des chagrins attachés à ces grands changements : Mais surtout attendez les ordres d'une mère ; Elle a repris ses droits, le sacré caractère Que la nature donne et que rien n'affaiblit. A son auguste voix Olympie obéit.
Qu'osez-vous attenter, quand c'est à vous d'attendre Les arrêts de la veuve et du sang d'Alexandre?
[Il sort avec sa suite.) ANTIGONE.
C'est assez, j'y souscris, pontife; elle est à moi. (Antigone sort avec Hermas.)