SCÈNE VII
OLYMPIE
Malheureuse !... Et c'est lui qui cause mes alarmes! Ah ! Cassandre, est-ce à toi de me coûter deslarmes! Faut-il tant de combats pour remplir son devoir? Vous aurez sur mon àme un absolu pouvoir, 0 sang dont je naquis, ô voix de la nature ! Je m'abandonne à vous, c'est par vous que je jure De vous sacrifier mes plus chers sentiments... Sur cet autel, hélas ! j'ai fait d'autres serments... Dieux ! vous les receviez ; ô dieux ! votre clémence A du plus tendre amour approuvé l'innocence. Vous avez tout changé... mais changez donc mon
[cœur, Donnez-lui la vertu conforme à son malheur... Ayez quelque pitié d'une âme déchirée, Qui périt infidèle ou meurt dénaturée.
Hélas! j'étais heureuse en mon obscurité, Dans l'oubli des humains, dans la captivité; Sans parents, sans état, à moi-même inconnue... Le grand nom que je porte est ce qui m'a perdue. J'en serai digne au moins... Cassandre, il faut te
[fuir, Il faut t'abandonner... mais comment te haïr?... Que peut donc sur soi-même une faible mortelle? Je déchire en pleurant ma blessure cruelle ; Et ce trait malheureux, que ma main va chercher, Je l'enfonce en mon cœur au lieu de l'arracher.