OLYMPIE, ACTE Y, SCÈNE II
Cassandre jusqu'à vous se frayait un chemin : J'ai marché contre lui, n'ayant pour ma défense Que nos lois qu'il oublie et nos dieux qu'il offense. Votre mère éperdue et s'offrant à ses coups L'a cru maître à la fois et du temple et de vous: Lasse de tant d'horreurs, lasse de tant de crimes, Elle a saisi le fer qui frappe les victimes, L'a plongé dans ce flanc où le ciel irrité Vous fit puiser la vie et la calamité.
OLYMPIE, tombant entre les bras d'une prétresse. Je meurs... soutenez-moi... marchons... Vit-elle
l'hiérophante. [encore?
Cassandre est à ses pieds: il gémit, il l'implore ; Il ose encor prêter ses funestes secours Aux innocentes mains qui raniment ses jours; Il s'écrie, il s'accuse, il jette au loin ses armes.
OLYMPIE, se relevant.
Cassandre à ses genoux!
l'hiérophante.
Il les baigne de larmes.
A ses cris, à nos voix, elle rouvre les yeux; Elle ne voit en lui qu'un monstre audacieux Qui lui vient arracher les restes de sa vie, Par cette main funeste en tout temps poursuivie : Faible, et se soulevant par un dernier effort, Elle tombe, elle touche au moment de la mort. Elle abhorre à la fois Cassandre et la lumière; Et, levant à regret sa débile paupière : « Allez, m'a-t-elle dit, ministre infortuné D'un temple malheureux par le sang profané; Consolez Olympie. Elle m'aime, et j'ordonne Que, pour venger sa mère, elle épouse Antigone. » olympie. [dieux!
Allons mourir près d'elle... Exaucez-moi, grands Venez, guidez mes pas, venez fermer nos yeux.
l'hiérophante.
Àrmez-vous de courage, il doit ici paraître.
olympie.
J'en ai besoin, seigneur, et j'en aurai peut-être.