‹ Théâtre completChapitre 767 sur 1720 · POMPÉE, AUFIDE, JULIE · texte numérisé non relu

POMPÉE, AUFIDE, JULIE

JULIE

Que faites-vous ? où portez-vous vos pas ? On vous cherche, on poursuit tous ceux que cet ora- Put jeter comme moi sur cet affreux rivage, [ge Votre père, en Egypte, aux assassins livré, D'ennemis plus sanglants n'était pas entouré. L'amitié de Fulvie est funeste et cruelle; C'est un danger de plus qu'elle traîne après elle : On l'observe, on l'épie, et tout me fait trembler. Dans ces horribles lieux je crains de vous parler. Regagnons ces rochers et ces cavernes sombres Où la nuit va porter ses favorables ombres. Demain les trois tyrans, aux premiers traits du jour, Partent avec la mort de ce fatal séjour; Ils vont, loin de vos yeux, ensanglanter le Tibre. Ne précipitez rien, demain vous êtes libre.

POMPÉE

Noble et tendre moitié d'un guerrier malheureux, 0 vous, ainsi que Rome, objet de tous mes vœux ! Laissez-moi m'opposer au destin qui m'outrage. Si j'étais dans des lieux dignes de mon courage, Si je pouvais guider nos braves légions Dans les camps de Brutus ou dans ceux des Catons, Vous ne me verriez pas attendre de Fulvie Un secours incertain contre la tyrannie, [serts; Les dieux nous ont conduits dans ces sanglants dé- Marchons aux seuls sentiers que ces dieux m'ont

julie. [ouverts.

Octave en ce moment doit entrer chez Fulvie; Si vous êtes connu, c'est fait de votre vie.

AUFIDE

Seigneur, craignez plutôt d'être ici découvert. Aux tribuns, aux soldats, ce passage est ouvert; Entre ces deux dangers que prétendez-vous faire ?

JULIE

Pompée, au nom des dieux, au nom de votre père, Dont le malheur vous suit, et qui ne s'est perdu Que par sa confiance et son trop de vertu, Ayez quelque pitié d'une épouse alarmée ! Avons-nous un parti, des amis, une armée? Trois monstres tout-puissants ont détruit les Ro- Vous êtes seul ici contre mille assassins... [mains. Ils viennent, c'en est fait, et je les vois paraître.

aufide. [tre :

Ah ! laissez-vous conduire ; on peut vous reconnaî- Le temps presse, venez ; vous vous perdez sans

julie. [fruit.

Je ne vous quitte pas.

pompée.

A quoi suis-je réduit!

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