‹ Théâtre completChapitre 776 sur 1720 · POMPÉE, FULVIE · texte numérisé non relu

POMPÉE, FULVIE

FULVIE

Êtes- vous affermi ?

POMPEE

J'ai consulté ma gloire ; J'ai craint qu'elle ne vît une action trop noire Dans le meurtre inouï qui nous tient occupés.

FULVIE

Elle parle avec Rome ; elle vous dit : « Frappez. » Ils partent dès demain, ces destructeurs du monde; Us partent triomphants : et cette nuit profonde Est le temps, le seul temps, où nous pouvons tous

[deux, Sans autre appui que nous, venger Rome sur eux. Seriez-vous en suspens ?

POMPÉE

Non : mes mains seront prêtes.

Je voudrais de cette hydre abattre les trois têtes. Je ne puis immoler qu'un de mes ennemis : Octave est le plus grand; c'est lui que je choisis.

FULVIE

Vous courez à la mort.

POMPÉE

Elle ennoblit ma cause.

De cet indigne sang c'est peu que je dispose; C'est peu de me venger ; je n'aurais qu'à rougir De frapper sans péril et sans savoir mourir.

FULVIE

Vous faites encor plus ; vous vengez la patrie Et le sang innocent qui s'élève et qui crie ; Vous servez l'univers.

POMPÉE

J'y suis déterminé.

L'assassin des Romains doit être assassiné. Ainsi mourut César ; il fut clément et brave ; Et nous pardonnerions à ce lâche d'Octave! Ce que Brutus a pu, je ne le pourrais pas! Et j'irais pour ma cause emprunter d'autres bras! Le sort en est jeté. Faites venir Aufide.

FULVIE

Il veille près de nous dans ce camp homicide. Qu'onl'appelle... Déjàles feux sont presque éteints1, Et le silence règne en ces lieux inhumains.

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