SCENE V
SOZAME, HERMODAN, LNDATIRE, un scytHë.
LE SCYTHE
Respectables vieillards, sachez que nos hameaux Seront bientôt remplis de nos hôtes nouveaux. Leur chef est empressé de voir dans la Scythie Un guerrier qu'il connut aux champs de la Médie; 11 nous demande à tous en quels lieux est caché Ce vieillard malheureux qu'il a longtemps cherché. !
HERMODAN, à Sozame.
0 ciel ! jusqu'en mes bras il viendrait te poursuivre ! I
INDATIRE.
Lui, poursuivre Sozame! il cesserait de vivre.
LE SCYTHE
Ce généreux Persan ne vient point défier
In peuple de pasteurs innocent et guerrier;
Il parait accablé d'une douleur profonde :
Peut-être est-ce un banni qui se dérobe au monde,
Un illustre exilé, qui dans nos régions
Fuit une cour féconde en révolutions.
Nos pères en ont vu qui, loin de ces naufrages,
Rassasiés de trouble et fatigués d'orages,
Préféraient de nos mœurs la grossière àprelé
Aux attentats commis avec urbanité.
Celui-ci parait fier, mais sensible, mais tendre;
11 veut cacher les pleurs que je l'ai vu répandre.
HERMODAN, à Sozame.
Ses pleurs me sont suspects ainsi que ses présents. Pardonne à mes soupçons, mais je crains les Per-
[sans :
Ces esclaves brillants veulent au moins séduire. Peut être c'est à toi qu'on cherche encore à nuire; Peut-être ton tyran, par ta fuite trompé, Demande ici ton sang à sa rage échappé. D'un prince quelquefois le malheureux ministre Pleure en obéissant à son ordre sinistre.
SOZAME.
Oubliant tous les rois dans ces heureux climats, Je suis oublié d'eux et je ne les crains pas.
INDATIRE, à Sozame.
Nous mourrions à tes pieds avant qu'un téméraire Put manquer seulement de respect à mon père.
LE SCYTHE
S'il \ient pour te trahir, va, nous l'en punirons;