LES SCYTHES, ACTE III, SCÈNE
Nul monarque avant moi sur le trône affermi IS'a quitté ses États pour chercher un ami. Je donne cet exemple, et ton maître te prie; Entends sa voix, entends la voix de ta patrie; Cède aux vœux de ton roi qui vient te rappeler, Cède aux pleurs qu'à tes yeux mes remords l'ont cou-
HERMODAN. [1er.
Je me sens attendri d'un spectacle si rare.
SOZAME.
Tu ne me séduis point, généreux Athamare. Si le repentir seul avait pu t' amener, Malgré tous mes affronts je saurais pardonner. Tu sais quel est mon cœur, il n'est point inflexible: Mais je lis dans le tien ; je le connais sensible; Je vois trop les chagrins dont il est désolé, Et ce n'est pas pour moi que tes pleurs ont coulé. Il n'est plus temps ; adieu. Les champs de la Scy thie Me verront achever ma languissante vie.
Instruit bien chèrement, trop fier et trop blesse Pour vivre dans ta cour où tu m'as offensé, Je mourrai libre ici.... Je me tais; rends-moi grâce De ne pas révéler ta dangereuse audace. Ami, courons chercher et ma fille et ton fils.
HERMODAN.
Viens , redoublons les nœuds qui nous ont tous unis.