LES SCYTHES, ACTE III, SCÈNE IV
OBEIDE.
N'y compte pas. Le choix que j'ai dû faire Devenait un parti conforme h ma misère : Il est fait; mon honneur ne peut le démentir, Et Sozame jamais n'y pourrait consentir. Sa vertu t'est connue; elle est inébranlable.
ATHAMARE.
Elle l'est dans la haine, et lui seul est coupable.
OBÉIDE.
Tu ne le fus que trop; tu l'es de me revoir, De m'aimer, d'attendrir un cœur au désespoir. Destructeur malheureux d'une triste famille, Laisse pleurer en paix et le père et la fille. Il vient ; sors.
ATHAMARE.
Je ne puis.
OBÉIDE.
Sors; ne l'irrite pas,
Non, tous deux à l'envi donnez-moi le trépas.
OBÉIDE.
Au nom de mes malheurs et de l'amour funeste Qui des jours d'Obéide empoisonne le reste, Fuis; ne l'outrage plus par ton fatal aspect.
ATHAMARE.
Juge de mon amour; il me force au respect. J'obéis.... Dieux puissants, qui voyez mon offense, Secondez mon amour et guidez ma vengeance!