‹ Théâtre completChapitre 812 sur 1720 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ATHAMARE, HIHCAN.

ATHAMARE.

Penses-tu qu'Indatire osera me parler?

HIRGAN.

11 l'osera, seigneur.

ATHAMARE.

Qu'il vienne.... il doit trembler.

II IRC AN.

Les Scythes, croyez-moi, connaissent peu la crainte. Mais d'un tel désespoir votre âme est-elle atteinte, Que vous avilissiez l'honneur de votre rang, Le sang du grand Cyrus mêlé dans votre sang, Et d'un trône si saint le droit inviolable, Jusqu'à vous compromettre avec un misérable Qu'on verrait, si le sort l'envoyait parmi nous, A vos premiers suivants ne parler qu'à genoux; Mais qui, sur ses foyers, peut avec insolence Braver impunément un prince et sa puissance?

ATHAMARE.

Je m'abaisse, il est vrai; mais je veux tout tenter : Je descendrais plus bas pour la mieux mériter. Ma honte est de la perdre, et ma gloire éternelle Serait de m'avilir pour m'élever vers elle. Penses-tu qu'Indatire en sa grossièreté Ait senti comme moi le prix de sa beauté? Un Scythe aveuglément suit l'instinct qui le guide; Ainsi qu'une autre femme il épouse Obéide. L'amour, la jalousie et ses emportements, N'ont point dans ces climats apporté leurs tour- De ces vils citoyens l'insensible rudesse, [ments ; En connaissant l'hymen, ignore la tendresse. Tous ces grossiers humains sont indignes d'aimer.

HIRCAN

L'univers vousdément; le ciel sait animer

Des mêmes passions tous les êtres du monde.

Si du même limon la nature féconde,

Sur un modèle égal ayant fait les humains,

Varie à l'infini les traits de ses dessins,

Le fond de l'homme reste, il est partout le même:

Persan, Scythe, Indien, tout défend ce qu'il aime.

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