SCÈNE VIII
SOZAME, HERMODAN, OBÉIDE, un scythe.
LE SCYTHE
Enfin nous l'emportons.
HERMODAX.
Déités immortelles, Mon fils serait vengé! n'est-ce point une erreur?
LE SCYTHE
Le ciel nous rend justice et le Scythe est vainqueur: Tout l'art que les Persans ont mis dans le carnage. Leur grand art de la guerre enfin cède au courage. Nous avons manqué d'ordre et non pas de vertu ; Sur nos frères mourants nous avons combattu. La moitié des Persans à la mort est livrée; L'autre, qui se retire, est partout entourée Dans la sombre épaisseur de ces profonds taillis, Où bientôt sans retour ils seront assaillis.
HERMODAN.
De mon malheureux fils le meurtrier barbare Serait-il échappé?
LE SCYTHE
Qui? ce fier Athamare?
Sur nos Scythes mourants qu'a fait tomber sa main , Épuisé, sans secours, enveloppé soudain, Il est couvert de sang, il est chargé de chaînes,
OBÉIDE.
Lui!
SOZAME.
Je l'avais prévu... Puissances souveraines, Princes audacieux, quel exemple pour vous !
HERMODAN.
De ce cruel enfin nous serons vengés tous; Nos lois, nos justes lois seront exécutées.
OBÉIDE.
Ciel!... quelles sont ces lois?
HERMODAN.
Les dieux les ont dictées SOZAME, à part.
0 comble de douleur et de nouveaux ennuis !
OBÉIDE.
Mais enfin les Persans ne sont pas tous détruits; On verrait Ecbatane, en secourant son maître, Du poids de sa grandeur vous accabler peut-être.
HERMODAN.
Ne crains rien... Toi, jeune homme, et vous, braves Préparez votre autel entouré de lauriers, [guerriers,
OBÉIDE.
Mon père!...
HERMODAX.
Il faut hâter ce juste sacrifice.
Mânes de mon cher fils, que ton ombre en jouisse !
Et toi qui fus l'objet de ses chastes amours, Qui fus ma fille chère et le seras toujours, Qui de ta piété filiale et sincère M'as jamais altéré le sacré caractère; C'est à toi de remplir ce qu'une austère loi Attend de mon pays et demande de toi.
[Il sort.) OBÉIDE.
Qu'a-t-il dit? que veut-on de cette infortunée? Ah ! mon père, en quels lieux m'avez-vous amenée !
Pourrai-je l'expliquer ce mystère odieux?
OBÉIDE.
Je n'ose le prévoir... je détourne les yeux.
SOZAME.
Je frémis comme toi, je ne puis m'en défendre.
OBEIDE.
Ah ! laissez-moi mourir, seigneur, sans
[tendre, vous en-