‹ Théâtre completChapitre 820 sur 1720 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

OBÉIDE, SOZAME, HERMODAN, troupe de scythes armés de javelots,

(On apporte un autel couvert d'un crêpe et enlouréde lauriers. Un Scythe met un glaive sur l'autel.)

OBÉIDE, entre Sozame et Hermodan. [dire

Vous vous taisez tous deux : craignez-vous de me Ce qu'à mes sens glacés votre loi doit prescrire? Quel est cet appareil terrible et solennel?

SOZAME.

Ma fille... il faut parler... voici le même autel Que le soleil naissant vit dans cette journée Orné de fleurs par moi pour ton saint hyménée Et voit d'un crêpe affreux couvert à son couchant,

HERMODAN.

As-tu chéri mon fils?

OBÉIDE.

Un vertueux penchant, Mon amitié pour toi, mon respect pour Sozame, Et mon devoir surtout, souverain de mon âme, M'ont rendu cher ton fils... mon sort suivait son J'honore sa mémoire et j'ai pleuré sa mort, [sort :

HERMODAN.

L'inviolable loi qui régit ma patrie Veut que de son époux une femme chérie Ait le suprême honneur de lui sacrifier. En présence des dieux, le sang du meurtrier; Que l'autel de l'hymen soit l'autel des vengeances, Que du glaive sacré qui punit les offenses Elle arme sa main pure et traverse le cœur, Le cœur du criminel qui ravit son bonheur.

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