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SCÈNE II

IRADAN, CÉSÈNE, ARZAME.

IRADAN.

Arzame, c'est à vous que mon cœur sacrifie;

Ce cœur, qui ne s'ouvrait qu'à la compassion,

Repoussait loin de vous la persécution.

Contre vos ennemis l'équité se soulève :

Elle a tout commencé, l'amour parle et l'achève.

Je suis prêt de former en présence des dieux.

En présence du vôtre, un nœud si précieux,

Va nœud qui fait ma gloire et qui vous est utile,

Qui contre vos tyrans vous ouvre un prompt asile,

Qui vous peut en secret donner la liberté

D'exercer votre culte avec sécurité.

Il n'en faut point douter, l'éternelle puissance,

Qui voit tout, qui fait tout, a fait cette alliance;

Elle vous a portée aux écueils de la mort,

Dans un orage affreux qui vous ramène au port.

Sa main, qu'elle étendait pour sauver votre vie,

Tissut en même temps ce saint nœud qui nous lie.

Je vous présente un frère ; il va tout préparer

Pour cet heureux hymen dont je dois m'honorer.

ARZAME.

A votre frère, à vous, pour tant de bienfaisance, Hélas! j'offre mon trouble et ma reconnaissance; Puisse l'astre du jour épancher sur tous deux Ses rayons les plus purs et les plus lumineux! Goûtez, en vous aimant, un sort toujours prospère; Mais, ô mon bienfaiteur! ô mon maître! ô mon

[père !

Vous qui faites sur moi tomber ce noble choix, Daignez prêter l'oreille en secret à ma voix.

CÉSÈNE

Je me relire, Arzame, et mes mains empressées Vont préparer pour vous les fêtes annoncées; Tendre ami de mon frère, heureux de son bonheur, Je partage le vôtre et vois en vous ma sœur.

Que vais-je devenir?

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