‹ Théâtre completChapitre 86 sur 1720 · MARIAMNE , ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

MARIAMNE , ACTE IV, SCÈNE IV

Fuyez de tant d'affronts la douloureuse image.

HÉRODE

Je vois quel est son crime et quel fut son projet. Je vois pour qui Sohême ainsi vous outrageait.

SALOME.

Laissez mes intérêts; songez à votre offense.

HÉRODE

Elle avait jusqu'ici vécu dans l'innocence; Je ne lui reprochais que ses emportements, Cette audace opposée à tous mes sentiments, Ses mépris pour ma race, et ses altiers murmures. Du sang asmonéen j'essuyai trop d'injures. Mais a-t-elle en effet voulu mon déshonneur?

SALOME.

Écartez cette idée : oubliez-la, seigneur; Calmez-vous.

HÉRODE

Non ; je veux la voir et la confondre : Je veux l'entendre ici, la forcer à répondre : Qu'elle tremble en voyant l'appareil du trépas; Qu'elle demande grâce et ne l'obtienne pas.

SALOME.

Quoi ! seigneur, vous voulez vous montrer à sa vue?

Ah! ne redoutez rien, sa perte est résolue. Vainement l'infidèle espère en mon amour, Mon cœur à la clémence est fermé sans retour; Loin de craindre ces yeux qui m'avaient trop su Je sens que sa présence aigrira ma colère, [plaire, Gardes, que dans ces lieux on la fasse venir. Je ne veux que la voir, l'entendre, et la punir. Ma sœur, pour un moment souffrez que je respire. Qu'on appelle la reine; et vous, qu'on se retire.

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