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LES GUÈBRES, ACTE V, SCENE VI. 38U

Sa soif du sang humain ne se put assouvir;

On devait l'accuser, j'aurais su le punir.

Sachez qu'à la loi seule appartient la vengeance :

Je vous eusse écoutés; la voix de l'innocence

Parle à mon tribunal avec sécurité,

Et l'appui de mon trône est la seule équité.

IRADAN.

Nous avons mérité, seigneur, votre colère ; Épargnez les enfants et punissez le père.

l'empereur.

Je sais tous vos malheurs. Un vieillard dont la voix Jusqu'au pied de mon trône a passé quelquefois, Dont la simplicité, la candeur m'ont dû plaire, M'a parlé, m'a touché par un récit sincère,* Il se fie à César; vous deviez l'imiter.

(Au vieil Arzémon.)

Approchez, Arzémon; venez vous présenter: Dans un culte interdit par une loi sévère Vous avez élevé la sœur avec le frère; C'est la première source où de tant de fureurs Ce jour a vu puiser ce vaste amas d'horreurs : Des prêtres, emportés par un funeste zèle, Sur une faible enfant ont mis leur main cruelle; Ils auraient dû l'instruire et non la condamner; Trop jaloux de leurs droits qu'ils n'ont pas su borner, Fiers de servir le ciel, ils servaient leur vengeance. De ces affreux abus j'ai senti l'importance ; Je les viens abolir.

IRADAN.

Rome, les nations Vont bénir vos bontés.

l'empereur.

Les persécutions Ont mal servi ma. gloire et font trop de rebelles. Quand le prince est clément, les sujets sont fidèles. On m'a trompé longtemps; je ne veux désormais Dans les prêtres des dieux que des hommes de paix, Des ministres chéris, de bonté, de clémence, Jaloux de leurs devoirs et non de leur puissance; Honorés et soumis, par les lois soutenus, Et par ces mêmes lois sagement contenus; Loin des pompes du monde enfermés dans leur tem- Donnant aux nations le précepte et l'exemple ; [pie, D'autant plus révérés qu'ils voudraient l'être moins ; Dignes de vos respects et dignes de mes soins : C'est l'intérêt du peuple, et c'est celui du maître. Je vous pardonne à tous. C'est à vous de connaître Si de l'humanité je me fais un devoir, Et si j'aime l'État plutôt que mon pouvoir.... Iradan, désormais, loin des murs d'Apamée, Votre frère avec vous me suivra dans l'armée, ; Je vous verrai de près combattre sous mes yeux :

Seigneur, auprès de vous interdisent les plaintes. Vous m'avez offensé; vous m'en servirez mieux.

l'empereur. De vos enfants chéris j'approuve l'hyménée. Vous vous trompiez; c'est trop vous défier de moi : (--t Arzame et au jeune Arzémon.)

Vous avez outragé l'empereur et la loi: Méritez ma faveur qui vous est destinée. Le meurtre d'un pontife est surtout punissable. [Au vieil Arzémon.)

Je -aïs qu'il fut cruel, injuste, inexorable : Et toi, qui fus leur père, et dont le noble cœur

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