‹ Théâtre completChapitre 88 sur 1720 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MARIANNE, HÉRODE, ÉLISE, gardes.

ÉLISE

Reprenez nos esprits, madame, c'est le roi.

MARIAMNE

Oùsuis-je?oùvais-je?ôDieu! je me meurs ! je le voi.

D'où vient qu'à son aspect mes entrailles frémis-

MARIAMNE. [seilt ?

Élise, soutiens-moi, mes forces s'affaiblissent.

ELISE

Avançons.

MARIAMNE

Quel tourment!

HÉRODE

Que lui dirai-je? ô deux!

MARIAMNE

Pourquoi m'ordonnez-vous de paraître à vos yeux? Voulez-vous de vos mains m'ôter ce faible reste D'une vie à tous deux également funeste? Vous le pouvez : frappez, le coup m'en sera doux; Et c'est l'unique bien que je tiendrai de vous.

HÉRODE

Oui, je me vengerai, vous serez satisfaite : Mais parlez, défendez votre indigne retraite. Pourquoi, lorsque mon cœur si longtemps offensé, Indulgent pour vous seule, oubliait le passé, Lorsque vous partagiez mon empire et ma gloire, Pourquoi prépariez-vous cette fuite si noire? Quel dessein, quelle haine a pu vous posséder?

MARIAMNE

Ah! seigneur, est-ce à vous à me le demander? Je ne veux point vous faire un reproche inutile : Mais si, loin de ces lieux, j'ai cherché quelque asile, Si Mariamne enfin, pour la première fois, Du pouvoir d'un époux méconnaissant les droits, A voulu se soustraire à son obéissance, Songez à tous ces rois dont je tiens la naissance, A mes périls présents, à mes malheurs passés, Et condamnez ma fuite après, si vous l'osez.

HÉRODE

Quoi! lorsque avec un traître un fol amour \ous Quand Sohême... [lie !

MARIAMNE

Arrêtez; il suffit de ma Aie.

D'un si cruel affront cessez de me couvrir; Laissez-moi chez les morts descendre sans rougir. N'oubliez pas du moins qu'attachés l'un à l'autre, L'hymen qui nous unit joint mon honneur au vôtre. Voilà mon cœur, frappez : mais en portant vos coups Respectez Mariamne, et même son époux.

HÉRODE

Perfide ! il vous sied bien de prononcer encore Ce nom qui vous condamne et qui me déshonore? Vos coupables dédains vous accusent assez, Et je crois tout de vous, si vous me haïssez.

mariamne. [taiiie,

Quand vous me condamnez, quand ma mort esteer- Que vous importe, hélas! ma tendresse ou ma haine? El quel droit désormais avez-vous sur mon cœur, Vous qui l'avez rempli d'amertume et d'horreur; Vous qui, depuis cinq ans, insultez à mes larmes. Qui marquez sans pitié mes jours par mes alarmes \

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