SOPHONISBE, ACTE II, SCENE IL
Est-ce la main des dieux sur ma tête étendue, Un présage, un arrêt des enfers et du sort ? Syphax en ce moment est-il vivant ou mort? J'ai fui d'un pas tremblant, éperdue, éplorée, Je ne sais où j'étais quand je t'ai rencontrée; Je ne sais où je vais. Tout m'alarme et me nuit, Et je crois voir encore un dieu qui me poursuit. Que veux-tu, dieu cruel? Euménide implacable, Frappe, voilà mon cœur; il n'était point coupable: Tu n'y peux découvrir qu'un malheureux amour, Vaincu dès sa naissance et banni sans retour : Je n'offensai jamais l'hymen et la nature. Grand dieu! tu peux frapper; va, ta victime est phjedime. [pure.
Ah! nous allons du ciel savoir les volontés. Déjà d'un bruit nouveau, dans ces murs désertés, Jusqu'à notre prison les voûtes retentissent, Et sur leurs gonds d'airain les portes enmugissent... On entre, on vient à vous : je reconnais Actor.