LES LOIS DE MINOS, ACTE I, SCÈNE III
Méritons ses bontés, mais par notre courage : Vengeons-nous, combattons, qu'il seconde nos
[coups ; Et vous, prêtres des dieux, faites des vœux pour phares. [nous.
Nous les formons, ces vœux; mais ils sont inutiles Pour les esprits altiers et les cœurs indociles. La loi parle, il suffit : vous n'êtes en effet Que son premier organe et son premier sujet ; C'est Jupiter qui règne : il veut qu'on obéisse; Et ce n'est pas à vous déjuger sa justice. S'il daigna devant Troie accorder un pardon Au sang que dans l'Aulide offrait Agamemnon, Quand il veut il fait grâce : écoutez en silence La voix de sa justice ou bien de sa clémence; Il commande à la terre, à la nature, au sort; Il tient entre ses mains la naissance et la mort. Quel nouvel intérêt vous agite et vous presse ? Nul de nous ne montra ces marques de faiblesse Pour le dernier objet qui fut sacrifié; Nous ne connaissons point cette fausse pitié. Vous voulez que Cydon cède au joug de la Crète; Portez celui des dieux dont je suis l'interprète : Mais voici la victime.
[On amène Astérie couronnée de fleurs et enchaînée,)