‹ Théâtre completChapitre 920 sur 1720 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

TECCER, DICTIME, ASTÉRIE, gardes.

ASTÉRIE

Que prétend-on de moi? quelle rigueur nouvelle, Après votre promesse, à la mort me rappelle? Allume-t-on les feux qui m'étaient destinés? 0 roi ! vous m'avez plainte, et vous m'abandonnez !

TEUCER.

Xon; je veille sur vous, et le ciel me seconde.

ASTÉRIE

Pourquoi me tirez-vous de ma prison profonde ?

Pour vous rendre au climat qui vous donna le jour. Vous reverrez en paix votre premier séjour : Malheureuse étrangère et respectable fille, Que la guerre arracha du sein de sa famille, Souvenez-vous de moi loin de ces lieux cruels. Soyez prête à partir... Oubliez nos autels... Une escorte fidèle aura soin de vous suivre. Vivez... Qui mieux que vous a mérité de vivre?

ASTÉRIE

Ah, seigneur ! ah, mon roi ! je tombe à vos genoux, Tout mon cœur qui m'échappe a volé devant vous ; Image des vrais dieux, qu'ici Ton déshonore, Recevez mon encens : en vous je les adore. Vous seul, vous m'arrachez aux monstres infernaux Qui, me parlant en dieux, n'étaient que des bour-

[reaux.

Malgré ma juste horreur de servir sous un maître, Esclave auprès de vous, je me plairais à l'être.

Page 1