‹ Théâtre completChapitre 929 sur 1720 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Le VIEILLARD AZÉMON, accompagné d'uN ESCLAVE qui lui donne la main.

AZÉMON.

Quoi ! nul ne vient à moi dans ces lieux solitaires, Je ne retrouve point mes compagnons, mes frères ! Ces portiques fameux, où j'ai cru que les rois [tois, Se montraient en tout temps à leurs heureux Cré- Et daignaient rassurer l'étranger en alarmes, Ne laissent voir au loin que des soldats en armes; Un silence profond règne sur ces remparts : Je laisse errer en vain mes avides regards ; Datame, qui devait dans cette cour sanglante Précéder d'un vieillard la marche faible et lente, Datame devant moi ne s'est point présenté; On n'offre aucun asile à ma caducité.

Il n'en est pas ainsi dans notre Cydonie; Mais l'hospitalité loin des cours est bannie. O mes concitoyens, simples et généreux, Dont le cœur est sensible autant que valeureux, Que pourrez-vous penser quand vous saurez l'ouvrage Dont la fierté Cretoise a pu flétrir mon âge? Àh ! si le roi savait ce qui m'amène ici, Qu'il se repentirait de me traiter ainsi! Une route pénible et la triste vieillesse De mes sens fatigués accablent la faiblesse.

(Il s'assied.)

Goûtons sous ces cyprès un moment de repos : Le ciel bien rarement l'accorde à nos travaux.

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