‹ Théâtre completChapitre 938 sur 1720 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les précédents, DATAME.

DATAME.

Il apporte à tes pieds sa joie et sa douleur.

ASTÉRIE

Que dis-tu?

AZÉMON.

Quoi! mon fils!

ASTÉRIE

Teucer n'est pas vainqueur?

DATAME.

Il l'est, n'en doutez pas; je suis le seul à plaindre. astérie. [craindre?

Vous vivrez tous les deux : qu'aurais-je encore à 0 ciel ! ô Providence ! enfin triomphe aussi De tous ces dieux affreux que l'on adore ici!

DATAME.

Il avait à combattre, en ce jour mémorable, Des tyrans de l'État le parti redoutable, Les archontes, Phares, un peuple furieux, Qui, trahissant son père, a cru servir ses dieux. Nous entendions leurs cris, tels que sur nos rivages Les sifflements des vents appellent les orages; Et nous étions réduits au désespoir honteux De ne pouvoir mourir en combattant contre eux.

Teucer a pénétré dans la prison profonde Où, cachés aux rayons du grand astre du monde, On nous avait chargés du poids honteux des fers, Pour être avec toi-même en sacrifice offerts, [nisses, Ainsi que leurs agneaux, leurs béliers, leurs gé- Dontlesang, disent-ils, plaît à leurs dieux propices; Il nous arme à l'instant. Je reprends mon carquois, Mes dards, mes javelots, dont ma main tant de fois Moissonna dans nos champs leur troupe fugitive. Bientôt de ces Cretois une foule craintive Fuit et laisse un champ libre au héros que je sers. La foudre est moins rapide en traversant les airs. Il vole à ce grand chef, à ce fier Mérione; Il l'abat àsespieds: aux fers on l'abandonne, [main, On l'enchaîne à mes yeux. Ceux qui, le glaive en Couraient pour le venger, l'accompagnent soudain : Je les vois, sous mes coups, roulant dans la poussière.

Tout couvert de leur sang, je vole au sanctuaire, A cette enceinte horrible el si chère aux Cretois, Où de leur Jupiter les détestables lois Avaient proscrit ta tète en holocauste offerte; Où, des voiles de mort indignement couverte,

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