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HIPPODAMIE, ÉROPE, MÉGARE

ÉROPE, en entrant, pleurant et embrassant Mégare. Va, te dis-je, Mégare, et cache à tous les yeux Dans ces antres secrets ce dépôt précieux.

HIPPODAMIE

Ciel ! Érope, est-ce vous ? qui ? vous dans ces asiles !

ÉROPE

Cet objet odieux des discordes civiles,

Celle à qui tant de maux doivent se reprocher,

Sans doute à vos regards aurait dû se cacher.

HIPPODAMIE

Qui vous ramène, hélas! dans ce temple funeste, Menacé par Atrée et souillé par Thyeste ? L'aspect de ce lieu saint doit vous épouvanter.

érope. • A vos enfants, du moins, il se fait respecter. Laissez-moi ce refuge; il est inviolable; N'enviez pas, ma mère, un asile au coupable.

HIPPODAMIE

Vous ne l'êtes que trop ; vos dangereux appas Ont produit des forfaits que vous n'expierez pas. Je devrais vous haïr, vous m'êtes toujours chère; Je vous plains, vos malheurs accroissent mamisère. Parlez, vous arrivez vers ces dieux en courroux, Du théâtre de sang où l'on combat pour vous. De quelque ombre de paix avez-vous l'espérance?

Je n'ai que mes terreurs. En vain par sa prudence Polémon, qui se jette entre ces inhumains, Prétendait arracher les armes de leurs mains; Ils sont tous deux plus fiers et plus impitoyables : Je cherche, ainsi que vous, des dieux moins implacables.

Souffrez, en m'accusant de toutes vos douleurs, Qu'à vos gémissements j'ose mêler mv< pleurs. Que n'en puis-je être digne!

HIPPODAMIE

Ah! trop chère ennemie, Est-ce à vous devons joindre aux pleurs d'Hippo-

[damie ?

A vous qui les causez! Plut au ciel qu'en vos yeux Ces pleurs eussent éteint le feu pernicieux Dont le poison trop sur et les funestes charmes

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