ÉROPE, POLÉMON, MÉGARE
POLÉMOX.
Princesse, en ce parvis votre époux est entré;
Il s'apaise, il s'occupe avec Hippodamie
De cette heureuse paix qui vous réconcilie.
Elle m'envoie à vous. Nous connaissons tous deux
Les transports violents de son cœur soupçonneux.
Quoiqu'il termine enfin ce traité salutaire,
11 voit avec horreur un rival dans son frère.
Persuadez ïhyeste, engagez-le à l'instant
A chercher dans Mycène un trône qui l'attend;
A ne point différer par sa triste présence
Votre réunion que ce traité commence.
ÉROPE
L'intérêt de ma vie est peu cher à mes yeux. Peut-être il en est un plus grand, plus précieux ! Allez, digne soutien de nos tristes contrées, Que ma seule infortune au meurtre avait livrées : Je voudrais seconder vos augustes dessins; J'admire vos vertus; je cède à mes destins. Puissé-je mériter la pitié courageuse Que garde encor pour moi cette à nie généreuse!
La reine a jusqu'ici consolé mon malheur
Elle n'en connaît pas l'horrible profondeur.
POLÉMON
Je retourne auprès d'elle; et pour grâce dernière Je vous conjure encor d'écouter ma prière.