‹ Théâtre completChapitre 965 sur 1720 · ÉROPE, POLÉMON, MÉGARE · texte numérisé non relu

ÉROPE, POLÉMON, MÉGARE

POLÉMOX.

Princesse, en ce parvis votre époux est entré;

Il s'apaise, il s'occupe avec Hippodamie

De cette heureuse paix qui vous réconcilie.

Elle m'envoie à vous. Nous connaissons tous deux

Les transports violents de son cœur soupçonneux.

Quoiqu'il termine enfin ce traité salutaire,

11 voit avec horreur un rival dans son frère.

Persuadez ïhyeste, engagez-le à l'instant

A chercher dans Mycène un trône qui l'attend;

A ne point différer par sa triste présence

Votre réunion que ce traité commence.

ÉROPE

L'intérêt de ma vie est peu cher à mes yeux. Peut-être il en est un plus grand, plus précieux ! Allez, digne soutien de nos tristes contrées, Que ma seule infortune au meurtre avait livrées : Je voudrais seconder vos augustes dessins; J'admire vos vertus; je cède à mes destins. Puissé-je mériter la pitié courageuse Que garde encor pour moi cette à nie généreuse!

La reine a jusqu'ici consolé mon malheur

Elle n'en connaît pas l'horrible profondeur.

POLÉMON

Je retourne auprès d'elle; et pour grâce dernière Je vous conjure encor d'écouter ma prière.

Page 1