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LES PEL0P1DES, ACTE V, SCÈNE IL

Onflattaitleurs amours, on plaignit leurs douleurs;

On était attendri de leurs perfides pleurs; Tout Argos favorable à leurs lâches tendresses Pardonne à des forfaits qu'il appelle faiblesses, Et je suis la victime et la fable à la fois D'un peuple qui méprise et les mœurs et les lois. Vous en allez frémir, Grèce légère et vaine, Détestable Thyeste, insolente Mycène.

Soleil qui vois ce crime et toute ma fureur, Tu ne verras bientôt ces lieux qu'avec horreur. Le voilà cet enfant, ce rejeton du crime.... Je le tiens : les enfers m'ont livré ma victime ; Je tiens ce glaive affreux sous qui tomba Pélops. Il te frappe, il t'égorge, il t'étale en lambeaux; Il fait rentrer ton sang, au gré de ma furie, Dans le coupable sang qui t'a donné la vie. Le festin de Tantale est préparé pour eux; Les poisons de Médée en sont les mets affreux. Tout tombe autour de moi par cent morts différentes. Je me plais aux accents de leurs voix expirantes; Je savoure le sang dont, j'étais affamé. Thyeste, Érope, ingrats! tremblez d'avoir aimé.

IDAS, accourant à lui. [blés !

Seigneur, qu'ai-je entendu? quels discours effroya- Que vous m'épouvantez par ces cris lamentables!

ATRÉE

Tu vois l'abîme affreux où le sort m'a conduit. ,.. Mon injure m'accable et ma raison me fuit. Des fantômes sanglants ont rempli ma pensée; Des cris sont échappés de ma bouche oppressée.... Mon esprit égaré par l'excès des tourments S'étonne du pouvoir qu'ont usurpé mes sens.... Tu me rends à moi-même.... Enfin je me retrouve. Pardonne à des fureurs qu'avec toi je réprouve. Je les repousse en vain.... ce cœur désespéré Est trop plein des serpents dont il est dévoré.

IDAS.

Rendez quelque repos à votre âme égarée.

ATRÉE

Enfers qui m'appelez, en est-il pour Atrée ?

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