‹ Théâtre completChapitre 973 sur 1720 · HIPPODAMIE, ÉROPE, THYESTE, IDAS, POLÉMON · texte numérisé non relu

HIPPODAMIE, ÉROPE, THYESTE, IDAS, POLÉMON

IDAS.

Reines, on vous attend. Atrée est à l'autel.

ÉROPE

Atrée?

IDAS.

11 doit lui-même, en ce jour solennel, Commencer sous vos yeux ces heureux sacrifices. Immoler la victime, en offrir les prémices;

(A Érope.) Les goûter avec vous, tandis que dans ces lieux, Pour confirmer la paix jurée au nom des dieux, Je dois faire apporter la coupe de ses pères, Ce gage auguste et saint de vos serments sincères. C'est à Thyeste, à vous, de venir commencer La fête qu'il ordonne et qu'il fait annoncer.

THYESTE

Mais il pouvait lui-même ici nous en instruire, Venir prendre sa mère, à l'autel nous conduire. Il le devait.

IDAS.

Au temple, un devoir plus pressé, De ces devoirs communs, seigneur, l'a dispensé. Vous savez que les dieux sont aux rois plus propices Quand de leurs propres mains ils font les sacrifices. Les rois des Argiens de ce droit sont jaloux.

THYESTE

Allons donc, chère Érope.... A côté d'un époux Suivez, sans vous troubler, une mère adorée. Je ne puis craindre ici l'inimitié d'Atrée; Engagé trop avant, il ne peut reculer.

ÉROPE

Pardonne, cher époux, si tu me vois trembler.

HIPPODAMIE

Venez, ne tardons plus.... Le sang des Pélopides Dans ce jour fortuné n'aura point de perfides.

IDAS.

Non, madame ; au courroux dont il fut possédé Par degrés à mes yeux le calme a succédé. La paix est dans le cœur du redoutable Atrée : Lui-même il veut remplir cette coupe sacrée, Que les prêtres des dieux porteront à l'autel Où vous prononcerez le serment solennel.

POLÉMON

Achevons notre ouvrage; entrons, la porte s'ouviv. De ce saint appareil la pompe se découvre. Enfin je vois Atrée : il avance à pas lents, Interdit, égaré....

436 LES PELOPIDES,

LES précédents; ATRÉE, dans le fond.

HIPPODAM1E.

Écoutez nos serments, Dieux qui rendez enfin dans ce jour salutaire Les peuples à leurs rois, les enfants à leur mère : Si du trône des cieux \oiis ne dédaignez pas D'honorer d'un coup d'œil les rois et les États, Prodiguez vos faveurs à la vertu du juste; Si le crime est ici, que cette coupe auguste En lave la souillure et demeure à jamais l'n monument sacré de vos nouveaux bienfaits.

{AAtrée.) [te?

Approchez -vous, mon fils. D'où naît cette contrain- Et quelle horreur nouvelle en vos regards est peinte?

ATRÉE

Peut-être un peu de trouble a pu renaître en moi. En voyant que mon frère a soupçonné ma foi.

HIPPODAMIE

Ah! bannissez, mes fils, ces soupçons téméraires, Honteux entre des rois, cruels entre des frères. Tout doit être oublié; la plainte aigrit les cœurs, Et de ce jour heureux corromprait les douceurs. Dans nos embrassements qu'enfin tout se répare.

(APolémon.) Donnez-moi cette coupe.

M ÉGARE, accourant.

Arrêtez !

ÉROPE

Ah ! Mégare Tu reviens sans mon fils !

MÉGARE, se plaçant près d'Érope.

De farouches soldats Ont saisi cet enfant dans mes débiles bras....

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