‹ Théâtre completChapitre 98 sur 1720 · MARIAMNE, ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

MARIAMNE, ACTE V, SCÈNE VII

Va rendre un calme heureux à mon âme éperdue; Toujours devant ses yeux, que j'aime et que je crains, Mon cœur est moins troublé, mes jours sont plus

[sereins:

Déjà même à son nom mes douleurs s'affaiblissent ; Déjà de mon chagrin les ombres s'éclaircissent; Qu'elle vienne.

NARBAS.

Seigneur...

Je veux la voir.

NARBAS.

Hélas!

Avez-vous pu, seigneur, oublier son trépas?

HÉRODE

Cruel! que dites-vous?

NARBAS.

La douleur le transporte; Il ne se connaît plus.

HÉRODE

Quoi! Mariamne est morte?

Ah! funeste raison, pourquoi m'éclaires-tu? Jour triste, jour affreux, pourquoi m'es-tu rendu? Lieux teints de ce beau sang que l'on vient de ré-

[pandre, Murs que j'ai relevés, palais, tombez en cendre; Cachez sous les débris de vos superbes tours La place où Mariamne a vu trancher ses jours. Quoi ! Mariamne est morte, et j'en suis l'homicide ! Punissez, déchirez un monstre parricide, Armez-vous contre moi, sujets qui la perdez; Tonnez, écrasez-moi, cieux qui la possédez !

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