DON PÈDRE, ACTE IL SCÈNE V
Où j'étais morte au monde, et du monde ignorée. Qu'une autre se complaise à nourrir dans les cœurs Les tourments de l'amour et toutes ses fureurs: A mêler sans effroi ses langueurs tyran niques Aux tumultes sanglants des discordes publiques; Qu'elle se fasse un jeu du malheur des humains, Et des feux de la guerre attisés par ses mains; Qu'elle y mette, à son gré, sa gloire et son mérite : Cette gloire exécrable est tout ce que j'évite. Mon cœur, qui la déteste, est encore étonné D'avoir fui cette paix pour qui seule il est né ; Cette paix qu'on regrette au milieu des orages. Je vais, loin de Tolède et de ces grands naufrages, M'ensevelir, vous plaindre et servir à genoux Un maître plus puissant et plus clément que vous.
[Elle sort.)