DON DIÈ6D
Mot que rien négale, La loi c'est le roi qai la fait.
EIIGINAS.
Mais lorsqu'en public il s'oblige Il enchaîne sa volonté.
Je suis résolu. Liberté I Liberté!
Il fait mine de se déshabiller.
DON DliGUE l'arrêtant.
Ton discours m'afflige.
Puisqu'à toi j'ai pu me fier Il faut donc» cruel, que je meure?
EIIGINAS.
Vous voilà bien sot à cette heure.
DON DIÈGUE
Gomment?
ENCINAS.
Pour vous mystifier C'était une plaisanterie.
DON DIÈGDE.
Ce sont là de fort mauvais tours.
Mais je n'ai rien cru. Dis toujours.
ENCINAS.
On accuse de ladrerie Ces pauvres diables de valets, Gens de rien, sans valeur aucune.
Les sots seuls leur gardent rancune.
Avons-nous des sens moins complets?
Les maîtres ont-ils une autre àme?
Ne vit-on pas plus d'un seigneur Avoir moins de noblesse au cœur
Que ces serviteurs que Ton blâme?
C'est le plus ou le moins d'argeut Qui fait ou grandeur ou bassesse»
Qui fait qu'on sert dans la détresse Ou qu'on est un mattre exigeant La fortune fait la distance Où la nature n'est pour rien C'est pour cela qu'en bon chrétien Je gémis quand je vois qu'on tance Sur le théâtre, les laquais ; On les fait fuir, on les fait craindre.
Vive Dieu l c'est trop nous étreindre Et malgré ces méchants paquets rai vu des lions en livrée Et des poules en beau pourpoint.
DON DIÈGUE
Très-bien dit. Ne querelle point, Va t'en et quitte la contrée.
Don Diègue sort.
ENCINAS.
Adieu ! si jamais vous mourez Je viens vous tenir compagnie.
Maintenant ma tâche est finie Les valets sont régénérés, Je suis aujourd'hui leur Pelage.