SCÈNE XIII
DON PËDRE, suivi de soldats portant des bannières mauresques. -< Bruit de tambour. — LE ROI.
DOff PÈDRE.
Du roi je baise Les nobles pieds.
LE ROI
Quoi! vous ici.
Don Pèdre de Luna ?
DON PÈDRE
Voici La fortune africaine. Il plaise Au Roi la voir à ses genoux.
Aux Grenadins la renommée Apprit, sire , que votre armée Pleurait son chef mort sous leurs coups.
On leur cacha mon arrivée.
Croyant le camp sans général , Ils Tatiaquèrent pour leur mal, Avec leur valeur éprouvée.
Croyant vaincre, ils furent défaits.
Grenade est vôtre avec sa terre ;
i^^élant plus utile à la guerre, Je reviens pour servir la paix.
LB ROI
Un si profitable service A droit d'être récompensé.
Pour suivre un dessein commencé Je veux que votre main s'unisse A celle d'Inès d'Aragon.
DON PÈDRB.
Le prix passe mon espérance.
LE ROI
El la dot, dans cette occurrence Ne sera pa^ un moindre don.
DON PÈDRE
Quelle est-elle?
LE ROL
C'est votre vie.
DON PÈDRE
Ma vie ! ô ciel 1 seigneur î Comment ?
LE ROI
Allez visiter promptement Le Marquis ; je vous y convie.
Dites-lui de vous expliquer Votre faute et sa grandeur d'âme.
DON PÈDRE
Apprenez-moi quel est le blâme...
LE ROI
Je vois, sans plus vous critiquer.
Que si je nomme ici le crime Je ne saurais plus pardonner.
Le Marquis peut tout décliner
278 ACQUÉniR DES AMIS