‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 126 sur 192 · LE COMTE DON JUAN,.FINÉO, VALETS · texte numérisé non relu

LE COMTE DON JUAN,.FINÉO, VALETS

naio. La maison qae vous voyez, seigneur, est la sienne.

h^ COMTE. C'est une bien humble chaumière pour la beauté ai a conquis mon amour I

FiNÉo. En lui rendant un tel hommage vous élevez bien oat son humilité et sa condition.

LE COMTE. Frappe à cette porte.

FiNio. Avez-vous en effet résolu d'entrer pour la voir?

Ls COMTE. Oui Finéo. L'amoureuse passion qui m'embrase 16 souffre pas un plus long retard.

FiNÉo. Prenez garde à ce que vous allez faire I Votre père îtant le favori du roi, on contrôle avec plus de soin toutes vos lotions.

. LE COMTE. Tes conseils sont perdns, car je suis (elleoieni

aveuglé par Tamour que si mon àme crie aa feu mes sens Be peuvent que se dégager de cette flamme qui fait de ma poitrine un Etna, sans que je songe à mon salut, à la raison, à ma réputation. Tai souci du rang que f occupe et des devoirs ' qu*il m'impose; mais, quand le roi le saurait, il sait aussi qae je suis jeune. Mon père seul est chargé de gouverner; les choses étant ainsi, puisque je ne suis pas ministre, ma conduite n'est ni si folle ni si coupable qu'elle m'empècbe malgré mon aveuglement et pour arrêter les reproches, de chercher le remède à un tel incendie.

FiNÉo. Un seul de ses regards vous a donc aveuglé?

LE COMTE. Tellement que s'il n'y avait pas eu tant de monde à l'audience quand elle parla à mon père, ma folie aurait fait là ce que tu vois ici, et tombant à ses genoux j'aurais adoré sa beauté. Je fis beaucoup puisque j'emprisonnai mon désir, me fiant, Finéo, à toi et à ton zèle. Je t'ordonnai de la suivre, tu Tas suivie et tu m'as informé qu'elle était libre et non mariée. Gela étant ainsi, on n'a pas à critiquer ma passion comme inégale et ce n'est pas pour cette cause que l'on jalousera ma faveur et mon crédit.

FiNÉo. Oui, mais vous pourriez, seigneur, puisqu'il s'agit d'une femme de condition commune, vous arranger pour qu'elle vint vous voir.

LE COMTE. Que tu sais peu des choses de l'amour! Sache donc qu'en commençant à aimer on commence aussi à estimer, et quand on estime la beauté que l'on convoite on commencé à se ' décourager. Dans cette humble maison, Finéo, je vois déjà un palais ; la femme qui l'habite est déjà reine dé ma volonté. A peine commençaî-je à aimer que je commençai à tenir mon rang pour peu de chose et que je désespérai d'obtenir celte * femme. Vois si je pourrais, Finéo, montrer du dédain en l'envoyant chercher, puisqu'en lave-

nant chercher moi-même je crains eucore. Frappe à celle porte.

FiNéo. Je vous obéis.

n frappe à la porte.

LE COMTE. C'est bien ; un serviteur doit avertir mais il n'a pas à conseiller.

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