‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 125 sur 192 · UN GARDE · texte numérisé non relu

UN GARDE

Le valet Que nous avions Tordre de prendre, Encinas. U a dû se rendre.

Gardant un silence complet Aux questions dont on le presse Il ne répond que « je me tais! »

D.01I DIÈGUE

J'approuve fort ce que tu fais Mais sans profit m'est ton adresse; Tu peux dire la vérité, J'ai confessé déjà ma faute.

ENGINAS.

Grâce au scrupule que Ton m'6te J'avoue aussi par loyauté Que don Diègue seul fut coupable Du déshonneur de done Ana ; D'après l'ordre qu'il m'en donna Du rôle soutenant la fable Je trompai toute la maison.

DON FERNAND

Dis aussi quel lien m'attache A dofïa Flor.

ENGINAS.

Pour qu'on le sache, A l'honneur de votre blason.

Trois ans de votre amour secrète Votre cœur sut nourrir les feux Sans que Flor, malgré vos aveux, Cessât d'être pure et discrète.

DON PÈDRE

Tout est bien clair. Que la pitié Maintenant, seigneur, vous inspire.

DO!^A FLOR, à doAa Ana.

Pardonne à mon frère en délire Pour preuve de notre amitié.

Votre union, ton indulgence.

Te rendront dès demain l'honneur,

ACQUÉRIR DES AMîS 293

Quand des lois toute la rigueur Ne rapporterait que vengeance.

doSa ana.

Si don Diègue m'offre sa main Seigneur roi, moi je lui pardonne.

LE MARQUIS

Moi je ne poursuivrai personne ; J'aurai tout oublié demain.

LE ROI

Héros que nul danger n'arrête.

Honneur et gloire de ce sol.

En vous, le soleil espagnol Comme en des miroirs se reflète; Je me pique aussi de grandiur, Il faut que ma voix retentisse.

Je dois à tous faire justice Et récompenser la valeur.

Celui qui dans un art s'illustre Obtient pour la première fois Le pardon écrit dans nos lois Ce n'est pas le droit que l'on frustre.

Mieux vaut conserver à l'Étal Un grand coupable utile au monde Que commettre l'erreur profonde l>e châtier son attentat.

Quel art peut donner à l'Espagne Un plus beau fruit que la vertu?

Par vous mon bien s'est donc accru ï>u trésor qui vous accompagne.

Il faut payer ce que je dois A votre loyal sacrifice;

Prenez le pardon pour justice La liberté palra vos droits.

LE KARQUIS.

Le del accroisse votre empire !

DON FEElrAHB.

L^envie expire par vos mains.

DON PÈDRE

Soyez ridole des hmnaîns.

DON DIÈGUE

Qne votre gloire augmente, sire!

LE ROL

Don Diègue, devenez l'époux De done Ana. Que Flor choisisse Selon son cœur et son caprice.

Ainsi son honneur est absous.

D0!^A FLOR

Seigneur, le marquis fut la cause Des murmures qu'on entendit ; A mon amour il prétendit ; Mon honneur sur lui se repose. .

LE MARQUIS

Ma main n'est pas une faveur, Moi^ Flor, je yous Teusse donnée Pour payer dans cette journée Ma dette à ce généreux cœur.

ENCINAS.

Moi, je requiers le bénéOce Du beau droit par le roi cité.

LE ROI

Tu racquis par ta loyauté :

Ici le pardon est justice.

ACQUÉRIR DES AMLS *i95

ENGIN ASy au public

Puisque Fauteur, pour te servir, A devant toi jeté le masque Étant noble, public fantasque.

Contre lui ne vas pas sévir.

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