SCÈNE XVI
FmÉO, GHIGHON.
FiNÉo. Ceux qui songent à leur profit ne doivent s^occapei que de flatter le pouvoir. Vive le vainqueur, c'est un boa n* frain I Le comte, ton maître, ami, perd la tète pour Teodon Tu le sais, c'est pourquoi je m'explique si clairement avectoL Hier nous avons placé des espions dans la prison ; ils t'ont tb avec Pedro Alonzo et ils t'ont suivi jusqu'à la maison de raifibassadeur ; d'où je conclus que cette maison abrite le soleil qui tient embrasé le cœur du comte. Aide-le à conquérir les bonnes grâces de Teodora. L'aube commence à luire, si to veux nous servir, appelle-Ja tout de suite^ je veux lui parler, Ghichon, avant%ue personne puisse la voir; et, pour te donoet un escompte sur la récompense qui t'attend, prends cette chaîne que le comte l'offre par ma main comme un gage d'amitié.
CHiGHON. Tu as parbleu prêché avec tant de succès qne j^imagine que si Calvin t'e^l entendu, il eût abandonné io&
LE TJSSEllAND DE SÉGOVIE 319
erreor, et l'épilogue aurait produit son effet sur un taureau ou sur un tigre, puisqu'il a fermé prudemment le discours a?ec une clef d'or. Je m'en rapporte à ta parole, à la valeur et au pouvoir de ton maître pour faire au mien cette déloyauté. Hais piiisqu'aujourd*hui Fernando doit mourir, je le quitte pour ne pas lui être infidèle et j*entre au service du comte.
Fiifio. Et moi, au nom de mon maître, Ghichon, je t'accepte, je tiens de lui des pouvoirs si amples que ce que je fais sera bien fait
GHICHON. Frappons donc à cet appartement que tu vois ; c'est là que se tient Teodora, attendant des nouyelles de l'infortuné tisserand.
n frappe à U porte.