‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 139 sur 192 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

DON FERNANDO, avec un marteau et des cordes dans sa ceinture, GARCERAN, CAMACHO, CORNEJO et JARAMILLO portaot une lumière.

DON FERNANDO. Maintenant, mes amis, que la nuit a plongé nos surveillants dans un profond sommeil, que le courage ré*

dlle nos desseins ! Quelqu'un peuMl rompre ces menottes ? GAUAGHO. Rompre avec la main du fer trempé, Pedro lonzo, c'est une vaine tentative.

DON FERNANDO. Dire quc cet alcade, me voyant blessé et alade, a refusé de m'ôter mes fers !

GAHACHO. Même mort, vous lui feriez peur.

-CORNEJO, essayant de rompre les menottes. G'eSt en vérité jeter îs boules de cire contre un mur d'acier. .

6ARCERAN. Et vouloir les briser à coups de marteau c'est ûoer notre espérance; le bruit éveillerait les guichetiers.

DON FERNANDO. Quel malheur ! Puisque j'ai des deuts, pouruoi chercher un autre moyen ? Doit-on regarder à deux oigts pour sauver le corps tout entier? (u s'arrache les pouces

rec les dents, et jette les menottes; on enveloppe chaque main avec a -linC^e.) GARGERAN. Qu'aVCZ-VOUS fait?

GAMACHO. Il s'est arraché les dernières phalanges des ou ces.

. GARGERAN. Jc contemplc en vous un autre Scevola. Mois les fers...

DON FERNANDO. Pcu importe des obstacles aux pieds ; dès pie je puis user de mes mains je ne suis plus prisonnier. )onnez-moi un couteau.

CAMÂGHO, lui présentant un couteau. Prends 1

DON FERNANDO. Celuî qui abandonnerait l'entreprise, qu'il se regarde comme mort de ma main.

GORNEJO. Tous jurent de vous seconder, de vous suivre et âe vous obéir.

DON FERNANDO. Maintenant, amis, tirez de leurs couches les malades; en superposant ces lits nous pourrons arriver jusqu'au toit, et rompant une planche avec ce marteau, nous oavrons une porte par laquelle tous, libres de la prison, joui-

root de la vue du ciel; et ces cordes ensuite seront bm échelle au vent par laquelle nous descendrons dans la rue.

GARCERAN. Gommeuçons doQC.

DON FERNANDa Même sMl a reçu Tonction dernière, vb seul malade ne doit rester ici pour raconter ce qui s'est pané. Que chacun se sauve et tuons ceux qui ne pourraient pai nous suivre. Muit protège par ton silence une si juste révotti contre dMnjustes tyrannies 1

Une cour dons la maison d'un ambassadeor.

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