‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 148 sur 192 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GAMAGHO, GORNEJO et JARAMILLO, masqués. Ils entrent amenant un Alguazil, LES MÊUfiS.

L^ALGDASiL. âî YOiig èt6» iiumaiofl, preoez oe que je pos- ^ sèdei» mait iaiaiez-Jttei la vie \ 3Q&gei que la ornaiité avilit le courage I '

CAMAQWW Aiarebe et taîB-tol 1 ^

DON FERNAUCDab Dît qVÀ tU 68 1

L*ALGUAZiL. Un algiu^ peur mon malkenr.

CAM AGBO, bas. Tu pourra» dire pour le Qi>eB, si fêtais en ton pouvoir, mais Dieu merei, c'est M que }e reçois U visite.

DON PBRNARDO. Qii*y*»a.Mi ée nouveau dans Ségovie ? '

l'alguazil. On ne parle d'autre chose que du tfefseraDd Pedro ÂtoDzo.

DON fernando. Que dil-oD de lui ?

l'alguazil. Mille mensQoges que la renommée accrédite en les enveloppant dans une vérité.

DON FERNANDO. G>est tiu grand Criminel?

L'ALGUA^iL* Les Ages présents et passés n'ont pas yu un plus graii4 seélérat en Gastille*

OAMÀOfiO» à pan. Sa propre langue cbaulfe la fourowe qui doit le dévorer.

DON FERNANDO. PaHe-t-mi de l'arrêter} La justice fal(<^lle des préparatifs?

l'alguazil. Elle promet deux mille- ducats à qui le livrera vivant.

DON FERNANDO; C'est uu projet en l'air. J'ai reçu l'avis qu'il a passé en Andalousie et s^est allé mettre sous la pro-

LE TISSERAND D£ SÊGOVIE 327

ection des Matures, Si Ton ne ae dépêche pas davantaget il a ï vîe'sauve.

L^ALGUAZiL. Les banoières barbaresques qu*on lève en ce loment à Tolède pour porter la guerre en Gastillei causent D bien autre souci.

DON FERNANDO. Et toi, en ce moment, où vas-tu et pournoi Toyages-tu ?

L*ALGUAziL. Pour m'înformer secrètement si Garceran de lolina n'est pas caché dans Madrid ; c*est le comte don Juan ni m^envoie.

DON FERNANDO. Gombicu as-tu d'argent ?

l'alguazil. Peu.

DON FERNANDO. N'as-tu douc pas voIé ces jonnhcit

l'algdasil. L'office est bien peu lucratif; la ville est ruiiée ; il n'y a que les pauvres qui commettent des délits, les lens riches ne pèchent pas; c'est l'avarice et non la vertu qui BB corrige et les tient dans le devoir. Pour ne pas risquer son argent, Il n'est pas un homme insulté qui se batte. Ik arrangent leurs différends comme des femmes. Quand nous en sur» [vrenons un pour son malheur avec sa maîtresse, depeoré'en* M)urir l'amende, il mourrait plutôt que de réddivw. JanMÔe m n*arrive à prélever sa dtme ; si l'on se àéeide à en exéculer un, ce sont aussitôt des prières» des pourparlers, desmé' dtations. Et, pour ônh*, les plus sîmpks oiseaux se comporlent avec tant d'habileté que ce sont eux que chassent le moioalâs oiseaux de rapine.

DON FERNAMDa Je dcÂi doDC gagner dea^ pftrdoBften t'Qnle^ i»nt ce que tu as enlevé. Ne me cache pas un seul réaU U Ven coûterait la vie.

h'AXAVAzn, En vous reiftettaAt celte petite bourse, celte ^aln» et cette bague, je ve»s donne tout ce que j'ai (UM

^bueles obiets indiqué».)

coRNEio. Allons ! maintenant le manteau et le pourpoint,

vite!

l'alguazil. De bien bon cœur.

GAMAGHO. Et après cela la vie I (II lève sur lui le poignard.) DON FERNANDO. NC le tUO paS.

GAHAGQO. Il fut la causo de mes malheurs; c'est lai qui m'a arrêté!...

DON FERNANDO. SMl avait mandat de justice, il ne t'a pas fait une injure en t'arrêtant, et c'est à tort que tu le punirais.

GAMAGHO. Ne suffit-il pas qu'il soit alguazil 7 •

DON FERNANDO. Cela De suffît pas ; je suis las depuis loogtemps de ceux qui ont en horreur les agents de la justice. N'en faut-il pas par hasard? Ne faut-il {pas des hommes pour cet emploi ? Voudrais-tu qu'il n'y eût personne pour arrêter quand il y a tant de gens pour forfaire? S'il suffit de leur office pour les brouiller avec toi, quelle meilleure garantie en leur faveur que de voir se maintenir au milieu de tant d'ennemis ceux que tant de bouches accuseraient pour la faute la plus légère I Va-t'en, ami I

GAMAGHO. Je voudrais seulement lui couper une oreille.

DON FERNANDO. Pas même un cheveu. Quiconque marche en ma compagnie doit employer sa valeur à de plus nobles exploits.

GAMAGHO. Il suffit quc tul'ordonnes.

l'alguazil. Vivez les années du phénix I Mais puisque vous exercez si noblement la pitié, donnez-moi seulement de quoi manger jusqu'à Madrid!

GAMAGHO. Puisque nous lui laissons la vie, qu'il parie à l'instant sans demander son reste, (ii lui remet sa baguette d'aiguazii.) Que cette baguette de joueur de gobelets te tiredW-

ire ; on te laisse les ongles, on ne Tempèche pas de les oaDger.

L'alguasU sort.

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