SCÈNE III
X>N FERNANDO, TEODORA, attachés, GHIGUON, Us deux FAUX Brigands, LE VOYAGEUR, plus tard L'AUBERGISTE.
LE VOYAGEUR. Ne me conterez-vous pas coinmeol vous ivezpu le prendre?
LE DEUXIÈME HOMME. L*adresse bumaioe arrive à tout icoutez et vous saurez comment
L'homme se met & causer avec Ghichon et le voyageur.
DON FERNANDO, & part. Ciel I prêtez-moî votre secours I Penlant qu'ils causent je ferai en sorte que la flamme de celte lampe m'apporte un remède secourable, quoiqu'elle doive dévorer mes mains. Si, réduisant ces liens en cendres je désemprisonne mes mains, ce feu qui les brûle deviendra une foudre qui anéantira tous mes ennemis, (il tourne le dos et u approche les Hens de la lampe.) Puissant élément, augmente ton action vorace^ toi qui changes en fumée les troncs humides, le fer et le diamant! Ahl que ta violence fait souffrir l je m'embrase tout entier et ces liens ne se rompent pas i Feu ennemi I mes mains te donnent-elles un aliment plus savoureux que ces étoupes dont tu as coutume de te nourrir? (Les liens se rompent.) Enfin je 8uis libre I Maintenant si tous les monstres qui boivent les eaux de l'Egypte et qui paissent les prairies de l'Hyrcanie tentaient de tenir tète à ma fureur, je les hacherais tous en morceaux !
LE VOYAGEUR. Ce fut Une chance pour le prendre que ses compagnons l'aient ainsi laissé seul.
CHiGHON. Ce fui l*œuvre de Dieu qui voulut qu'un si grand scélérat payât tant d'attaques violentes et de vols. DON FERNANDO. Vous ûllez voir, chieus I
Il enlève l'épée du voyageur et les charge,
GHiGHON. Malheur h moi ! Nous sommes perdus l DEUXIÈME HOMME. Ici les geos du roi!
OiichoB te range à côté de Femodo.
€HiCHOir« Ahl poules 1 vous vous frottez à mon maltit Pedro AloDZO? Tombons sur eux, je suis à votre côté ! TEODORA. Ciel ! secourez-nous I
FERNANDO, frappant Chichon. Ah l traître !
GHIGHON. Vous me payez ainsi quand je combats de voire côté?
DEUXIÈME HOMME. Je suls mort I
l'aubergiste. Sonnez la cloche pour appeler la Sainte- Hermandad I
Ils sortent.
Vue extérieure de la maison de campagne de Pedro de los Gobos*
SCÈiNE iV LE COMTE et FINÉO.
FiNÉo. Joyeuse nuit I
LE GOMTE. Elle me réjouirait si je n'étais si triste ; mais lei feux de ses étoiles n'égalent pas le nombre de mes chagrins, et ils ne peuvent égaler en lumière celle qui les cause.
FINÉO. C'est cependant un joli lieu de plaisance que ce château de Cobos,
LE COMTE. Il me plairait si le désespoir accordait un moment de trêve à mon cœur.
piNÉo. Voulez-vous, seigneur, que vos gens vous divertis- «eot par leurs jeux, et que pour vous dûtraire on sème ces prés de lumières et de feux ?
I.E COMTE. Non, Finéo, je suis sorti, au contraire «pour m^abandoniier plus lit«remeat à la pensée qui me lue.
FiNio..Nous aurions dû amener Glariana de sou liaineau.
LE COMTE. iNe la nomme pas, si tu ne veux perdre mon amitié. Tout ce qui n'est pas Teodora ajoute un tourment à l'enfer où je suis.
FiK^o. On dit, seigneur, que le Maure assiège Madrid. LE COMTE. Les flèches de Tamour me donnant plus de souci que les siennes.
fin£o. La renommée dit aussi qa*ii a le même dessein sur Ségovie et qu'il est parvenu jusqu'à Guadarrama.
LE COMTE. La main de l'amour m'a tué, je ne crains plus celle de Mars.
FiNÉo. On dit que le roi se mettra demain en marche pour couper le passage de la montagne afin de s'opposera l'arrivée des bannières mauresques.
LE COMTE. Ah! Teodora, si tu savais de quel aveugle amour je suis possédé !
FiN#.o, à part. J'essaie en vain de chasser de son souvenir avec mes récits cette malheureuse passion. (Haut.) Mais quelles sont ces lumières qui brillent dans la vallée et qui semblent des feux errants ou des étoiles ?