‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 173 sur 192 · SCÈNE XXII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXII

LE MARQUIS i^lessé, DON FERNANDO, qui le poursuit eslfl eombattant, CHICHON, eusuite LE ROI.

LB MARQUIS. Homme, qui es-tu? Quel est celui qui après avoir vaincu les Maures tourne sa redoutable épée contrôles chrétiens?

DON FERNANDO. Je la toume contre toi seul. Je suis Fernando Ramirez.

Le roi entre et t'arrête pour Aoottter.

LE ROI, & paru Qu'cutends-je?

DON FERNANDO. Dieu vouIut me conserver la vie pour que je pusse montrer la loyauté de mon cœur en donnant la notoire au roi et à toi le sanglant châtiment des injustes outrages que tu as jetés sur mon père et sur moi I

LB ROI, à part« Ce sout leg mystères du ciell Je ne pois m'opposer auciel.

GHiGHON, à part. Le tisseraud donne en ce moment au marquis du pain de chien (1).

LE MARQUIS, tombant. Je suis mort ! Arrête, Fernando, puifl<|ue je meurs, je confesse que j'ai ravi à ton père Thonneur el la vie! J'ai produit contre vous un faux témoignage, vil effet de Tenvie.

(i) Pan de pen*Oy locution proverbiale qui signiBe un châtiment, unç cotTention,

LE BOL II sufQt, Fernando, arrête ton épée puisqu'il avoue. DON FERNANDO. Votre Majesté Ta entendu. Je demeure saifait, son fils le comte a tout avoué de même. GHiGHON. J'en suis témoin. Caché sous son lit, je Tenlendis nfesser en mourant ce que Fernando rapporte.

DON FERNANDO. Seigoeur, je lui ai donné la mort pour les fronts que j'ai reçus de lui ; c'est son injuste tyrannie qui 'a forcé à devenir brigand. Par lui et son père le mien en« Dglanta Téchafaud, et moi je préservai ma vie par une ruse \ couvrait de mes habits un cadavre qui fit croire à ma mort, déshonora ma sœur; il prétendit traiter ma femme de léme^ et parce que je voulus l'en empêcher, il me donna un wfilet. Je mets humblement ma tête à vos pieds, si étant Dble j'ai mérité d'être puni pour m'ôtre vengé avec tant de slice.

i£ ROI. Fernando, je dois à votre courage et à celui de vos BDS la victoire que jeremporte aujourd'hui. Quand votre juste eogeance serait un crime, je dois vous rendre, en récompense B vos exploits, la même place dans mes bonnes gr&ces que 'envie vous avait enlevée. Que vos soldats s'avancent, je veux Bs connaître et les récompenser.

Page 1