‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 192 sur 192 · COMEDIES APOCRYPHES · texte numérisé non relu

COMEDIES APOCRYPHES

ATTRIBUEES À ALÂRCON

Gomme je Faî dit, ces pièces sont au nombre de sept Quien engana mas h quim, n'est autre chose que El desdi" chado en fingir refondu. Au lieu de se passer en Bohème la scène est à Milan. Persio y devient don Enrique, Arseno devient don Diego, Ardenia s'intitule dofia Elena. Les incidents sont les mêmes ou peu s'en faut. Il est évident qu'un auteur du mérite d'Alarcon ne se serait pas donné tant de peine pour un si mince résultat

Don Domingo de don Blas et la première partie du Tisserand sont les deux meilleures de ces compositions apocryphes. On peut lire dans l'intéressant ouvrage de M. Ferdinand Denis, Chroniques de VEspagne et du Portugal, une excellente traduction de cette première partie du Tisserand de Ségovie. On y voit mis en action les récils de la seconde partie ; c'est d'abord le marquis Suero Pelaez, rejetant sur un noble vieillard, l'alcalde de Madrid, don Beltran Ramirez, le crime de trahison dont il s'est lui-même rendu coupable en conspirant avec le roi maure de Tolède ; c'est don Fernando qui vient de soumettre les ennemis du roi de Gastille et qui pour récompense trouve son père étranglé ; c'est l'épisode de la sœur endormie par un narcotique; c'est Fernando soutenant

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un siège en règle dans Téglise de Saint-Martin où il s*est réfugié, et où il est sauvé par une noble jeune fille qui, d'one maison voisine de Téglise, se creuse avec Taide de ses gens un chemin souterrain pour ouvrir une issue à Théroique bandit. Cette jeune fille unit sa destinée à la sienne. Elle l'engage à quitter son nom et à venir avec elle à Ségovie. Là il passera pour un ouvrier tisserand et elle pour une paysanne.

— Que dois-je faire dans Ségovie ?

— Tisser, lui répond la jeune fille, jusqu'à ce que vous voyiez la trame de la vengeance.

Tel est le sommaire de Faction qui sert de prologue au Tisserand d*Alûrcon. Ceux qui liront cette première pièce . dans le livre de M. Ferdinand Denis, reconnaîtront à ses nombreuses beautés qu'on a bien pu l'attribuer sans trop de crédulité à don Juan Ruiz de Alarcon.

Don Domingo de don Blas est un original qui ne vit que pour lui, et qui se pique de sacrifier toutes les convenances et tous les devoirs à son bien-être. Il gronde son chapelier et lui fait rogner comme inutiles les ailes exagérées d'un feutre à la mode que celui-ci lui apporte; il fait raccourcir par son tailleur un magnifique manteau parce quMl Tembarrasserait quand il doit monter à cheval ou tirer son épée. Pour aller à la cour, il porte en guise de fraise une valona étriquée, quand les vastes golillas à tuyaux empesés sont à la mode parmi les gens de sa condition. S'il conte des douceurs à une femme, il la prie de vouloir bien s'asseoir et de permettre qu'il en fasse autant, car rien ne lui semble plus fatigant que de parler d'amour debout. Si son valet vient lui annoncer que le dîner est servi, il se fâche et répond que ce n'est pas son moment, et que la pendule marque les heures mais qu'elle ne saurait les imposer. Cet homme bizarre est noble et vaillant; quand Thonneur parle, il sacrifie son repos,

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si bien qu'il aime mieux braver la mort que de consentir à entrer dans une conspiration avec le prince don Garcia contre le roi de Léon Alphonse III, son souverain.

La Fcmte cherche le châtiment et Voutrage la vengeance, est un drame médiocre de Técoie de Galderon. Le style aurait dû suffire pour détromper ceux qui, d*après quelque réimpression portant peut-être son nom, ont cru pouvoir Tattribuer à Tauteur de la Vérité suspecte. Qui va mal finit mal^ a les mêmes défauts que la pièce précédente. La comédie intitulée : la Vertu sert toujours h quelque chose, est attribuée par quelques bibliographes à Tirso de Molina ; quelques autres croient qu'Alarcon a travaillé au premier et peut-être au second acte. Les Exploits du marquis de Canete^ ont pour sujet une action déjà traitée par Lope de Vega^ sous le titre de VArauco dompté; celte comédie est également due à la collaboration de plusieurs auteurs^ parmi lesquels on a cru devoir faire flgurer Alarcon^ mais personne jusqu'ici n'a prouvé sa participation à cet ouvrage imprimé à Madrid, en 1622. L'édition d'Alarcon publiée par lui-même en 1628 et en i63iï, ne fait pas plus mention des exploits du marquis de Gaiiete, que des six comédies précédentes. Le bagage de notre auteur est d'ailleurs assez nombreux et assez riche pour qu'gn ne l'augmente pas à plaisir d'un poids inutile.

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