‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 54 sur 192 · LEONOR, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LEONOR, LE MARQUIS

LIONOR, parlant à quelque yalet dana la coulisse. Le marquis 6St arrivé jusqu^à c^tte galerie sans que vous Tayez annoncé?

LE MARQUIS. C'est moi qui suis coupable, seîiora.

tzoNQR. Pardonnez, seigneur, et permettez-moi d'alleravertir ma tante.

LE if ARQuis. Permettez-moi de m'opposer à ce que vous priviez mes regards de votre présence ; et surtout quand ma patience a peine à contenir une si grande passion, lorsque trouvant Toccasion de vous dire mon tourment, Tamour ma fait mieux sentir que mon coeur est prist Je ne veux pas ici, bel ange, vous dépeindre l'excès de mon amour ; pour le coq* nattre il suifit de savoir que je voua ai vue ; je ne veux pas vous dire que tout mon espoir, tout mon bonheur^ tous mes tourments viennent de vous, puisque ces vérités vous les savez déjà ; les divinités connaissent les passions des mortels. Je ne veux pas, senora, vous dire que j'attends une récompense; l'intérêt est une bassesse, l'attente une impertinence ; je demande seulement la permission de vous aimer ; j'estime à tel point vos vertus, Leonori que mon cceur sera satisfait rien que de ne pas vous oiTenser.

LEONOR. Seigneur marquis, à tout ce que j'entends, je puis répondre que je suis doRa Leonor de Tolède, et ainsi en ne vous accordant pas !a permission de m*aimer, vous dire qui je suis, c'est indiquer à votre amour les limites qu'il ne doit point passer.

L£ MARQUIS. Expliquez cet orade ; Je oe pénètre pas tes mystères. Ai-je excédé les égards qae je dois à votre divine personne? Pourquoi opposez^vous votre qualité à qui vous allègue son amour, quand non-seulement ma foi ne vous nie pas le culte qui vous est dû, mais quand je vous vénère d'autant plus quQ Taveuglement de mon amour est plus forl.

LCONOR. La femme qui oppose sa qualité à une déclaration d'amour, oppose à Tamour son honneur, et au désir son honnêteté I Permette&*moi maintenant d'aller avertir ma tante de votre visite.

LE MARQUIS. Écoutcz, sefiora ; comment se fait-Il qu'étant le feu qui aiMncendie vous me receviez avec tant de froideur?

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