‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 68 sur 192 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

REDON DO, dégui3é en femme voHée ; pub MENCIA, FIGUEROA, LesMÊmKs.

DON A CLARA. Mais qu'cllc est-cetle femme? CRedondo vemêt

une lettre à Leonor sans dire une parole.) Holà! laquais? Qu'est-CO

que cela? Elle lui donne une lettre sous mes yeux? Vil-on plus grande audace ? Ilolà l

REDORDO, Silence, ne criez pas! Avez-vous peur d'une femme?

Il ôte son Toile.

doKa CLARA* N'est-ce pas Redondo?

REDONDO. C'est Redondo.

Do!^A CLARA. Quel est ce déguisement?

REDONDO. Ah! madame, tout va mal; le monde est sans dessus dessous!

DONA CLARA. Gommcut Redoudo? achève, dis-moi pourquoi tu t'es ainsi travesti ?

REDONDO. Pour que le marquis, votre parent n'apprenne pas que je suis venu vous parler ; car il a échangé avec mon maître des paroles très-fàcheuses au sujet de ses visites chez vous.

DOfik CLARA. Il est fou de jalousie. (A Leonor.) Vois le tort que m'a causé le marquis en te courtisant, puisque leur rencontre a confirmé don Garcia dans sa première idée que j'étais le but de ses poursuites.

REDONDO, & part. Vous enlrez bien dans Pintrigue.

Do!4A CLARA. Et que dit don Garcia ?

REDONDO. A la belle et tendre fleur des Figueroas de Galice et des Toledos castillans, il répond dans ce billet, et vous madame, il vous prie de monter aussitôt dans votre chaise et d'aller l'attendre dans le coin le plus secret de San-Sébastian, où il veut vous conter ce qui est survenu, et trouver avec vous le remède au mal.

DOVfA CLARA, appelant. Holà ! (Figueroa paratt et sort.) Préparez

tout de suite ma chaise. C'est pour vous, manièce^ quej'ensuis

venue-là.

LEONOR. Moi, tante ? Quelle faute ai-je commise} DOl^A CLARA. Lis pendant que je me dispose à sortir. Holà!

ma mante. (Mencia sort»)

LEONOR, à paru Ce billet contiendrait-il le signe convena entre nous ? (Elle lit.) « La lettre de Votre Grâce, je Tai portée ouverte à mes lèvres et j'y réponds avec le même respect.» » (Bas.) C'est bien, elle contient le signe.

DoSfA CLARA. Pourquoi t'arrètes-tu ?

LEON OR. Je ne déchiffre pas, don Garcia écrit si mal.

REDONDO. C'est la mode des gentilshommes.

LÉONOR, lisant. « Je réponds que puisque Votre Grâce dit, sans se cacher, que sa tante est et doit être à moi, et que je ne désire pas autre chose, j'ai imaginé un moyen de vérifier ce que vous dites ; vous avertissant que si aujourd'hui manque l'exécution, demain l'occasion manquera. Que Notre Seigneur vous garde, etc. »

DON A CLARA. Comment, s'il est satisfait^ a-t-il cherché querelle au marquis ? Et comment, lorsque, moi, je lui ai toujours oflert ma main avec mon cœur, doute-t-il de ma résolution, fait -il des menaces et perd-il confiance ?

BEDONDO. L'amour craint même quand il possède. (Mencia reyient avec le manteau de sa maStresse.)

MENCIA. La chaise est prête.

DO^A CLARA, à Redondo. Va prévenir ton maître que je pars à l'instant. Adieu Leonor.

LEONOR. Que le ciel te protège.

REDONDO, à part à Leonor. Je me déroberai à votre lanle ; il importe que je vous parle.

LEONOR. Tu ne pars pas?

REDONDO. Le temps de prendre congé d'un ange.

Dona Clara, Mencia et Redondo sortent.

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