SCÈNE VIII DON GARCIA, TKÎSTAN
TRISTAN. Je ne tîs jamais prendre con^ê iPuno façon pfalt égale et plus résolue.
nos GARCIA. Ce ciel, premier mobile Je tues i\c[\ >iis» em« porte ma raison après luL
TRISTAN. Dissiiiiuiez et ayez palience. Se montrer trop amoureux est plus nuisible que profitible, et j'ai toujours vo que la tiédeur réassiL Les femmes et le ilîable cheminent par le même sentier ; les Âmes damnées ils ne les suivent ni ne les tentent; la certitude de les posséder fiil qu'ils n*y songent point, et ils n'ont souci que de ceJles qui peuvent leur échapper.
DON GARCIA. G'est vfai, mais je ne suis pasmailre de moi.
:TRisTAN. Jusqu'À ce quo vous connaissiez précisé «eut la condition de la dame ne vous enflammez pas ainsi ; celui <{iài saie aux apparences tombe, souvent dans une mare en croyant feuler l'herbe trompeuse.
iDOw GARCIA. Puisqu'aujourd'hui lu sauras tout.
TRisTAu. Ceci est mon affaire. Et maintenant, avant d'aller plus loin, dites-moi, pardieu I quel est le buLie cette. ilcUon q«ei^ai entendue, et en quoi elle peut vous aider? Elle noua déshonore en nous obligeant à mentir. Vous avez dit à ce» dames que vous étiez du Pérou,*
DON GARCIA. C'est chose certaine, TrisUn, q^ie les étrangeis sont les mieux venus auprès des femmes; surtout s ils sont des Indes, signe de richesse.
Uk LA VÉRITÉ SUSPECTE
TRISTAN. C'est vrai, mais je crois le moyen mal trouvé, parce que finalement elles sauront qui vous êtes.
DON GARCIA. Avant qu'elles le sachent j'aurai ouvert la porte de leur maison ou celle de leur cœur, et ensuite je m'expliquerai avec elles.
TRISTAN. Vous m'avcz convaincu, seigneur. Reste maintenant cette allégation que vous êtes à Madrid depuis un mois. Que prélcndez-vous, puisque vous y arrivâtes hier?
DON GARCIA. Tu DO sais donc pas qu'il est de bon ton de se faire celer et de se reposer chez soi à la ville ou à la campagne.
TRISTAN. A la bonne heure, Mais maintenant ce festin?
DON GARCIA. J'ai feint de l'avoir donné, pour que personne ne crut que mon cœur fut susceptible d'envie ou d'admiration, passions qui déshonorent un homme. L'admiration c'est de Tignorance comme l'envie est de la bassesse. Tu ne sais pas, lorsqu'arrive un colporteur de nouvelles, tout fier de pouvoir conter un exploit ou une fête, comme je lui ferme la bouche avec un conte tout pareil, et il est contraint de s'en retourner avec ses nouvelles dans le corps ou d'en crever.
TRISTAN. Bizarre invention, et stratagème périlleux ! Vous serez la fable de la ville si votre jeu se découvre.
DON GARCIA. Celui qui vit sans passion, celui qui se contente de figurer comme un chiflre, et qui fait ce que font tous les autres, en quoi diffère-t-il de la bête ? La grande affaire c'est d'être remarqué, peu importe le moyen. Que l'on vante partout mon nom et que quelques-uns médisent de moi. Pour gagner une renommée ne brûla-t-on pas le temple d'Ephèse? Enfin tel est mon goût, ce qui est la meilleure des raisons.
TRISTAN. Vous obéissez aux instincts de la jeunesse; mais à Madrid il faut plus de discernement.
Us sortent.
LA VÉRITÉ SUSPECTE IxS
l ne .-aile dans In maison do don Sancho.