SCÈNE II MARCEL, MADELEINE
MARCEL, étonné.
Madeleine t
Un silQtteoi.
MADELEINE, très élégant» — crftnement.
Ah I c'est comme ça que vous me trompez, vous I
MARCEL, gaiement.
Ma chère, si vous croyez que depuis trois ans...
MADELEINE
Je vous demande pardon d'avoir interrompu votre têtç-à-tête, mon cher Marcel, mais votre porte était ouverte, et je n'ai rencontré aucun domestique sur mon passage.
Vous êtes toujours la bienvenue chez moi.
MADELEINE
Elle est bien faite, votre femme.
MARCEL
N'est-ce pas ?... Voulez- vous me permettre de vous la présenter?
MADELEINE
Plus tard ; c'est vous que je viens voir.
MARCEL
Voilà une visite qui a lieu de me surprendre
SCÀNE DEUXltMB 21
MADELEINE
Surtout après ma dépêche de tout àl'heure^.. J'ai préféré ne pas vous déranger.
MARGEIi, d^n.
Ahl Oui.
Alors ?
Non.
MADELEINE
MADELEINE
MARCEL
Je regrette... (Lai baisant la main.) G'est égal» je suis bien heureux de vous serrer la main.
MADELEINE
Vous avez gardé le môme atelier^ je yois.
MARCEL
Vous avez une mine charmante^ à présent.
MADELEINE
Vous êtes toujours joli garçon.
MARCEL
Vous aussi.
MADELEINE. i
J'ai vingt-huit ans.
MARCEL
Votre mari en a cinquante^ ça vous rajeunit. Mais depuis quand ôtes-vous revenus?
MADELEINE
Depuis huit jours.
23 LA GHATIC£ 0£ FRANÇOISI
MAIVCfiL.
Et je n'ai pas encore vu Guériaf
MADELEINE
Vous ne perdrez rien pour attendre.
MARCEL
Qu'est-ce qu'il y a donc?
MADELEINE^ tranquillement.
Des choses ennuyeuses... Vous savez comme il est jaloux. Eh bien, hier, pendant que j'étais sortie, il a fouillé dans mes tiToirs...
MAKGEL.
Et naturellement il a trouvé des lettres.
MADELEINE-
Les vôtres, mon ami.
MARGBV.
Les miennes?
MADELEINE
Oui... (Mouvement de Marcel.) D'ànCÎennes lettres.
MARCEL
Vous les avez gardées?
MADELEINE
Un homme célèbre! Evidemment.
Sapristi! o
MADELEINE
Ingrat!
HAJEICSI..
Pardonk*4
SGfiNS dfiUKliMI 23
MADELEINE
Vous devinez l'explication qui a suivi cette découverte : mon bon Marcel^ je vais me s^axer.
MARCEL
Tu te...î Vous vous séparez t
MADELEINE
Ne me plaignez pas trop. Âpres tout^ me voilà libre... presque heureuse.
MARCEL
Quelle résignation!
MADELEINE
Seulement.,.
MARCEL
n y a un seulement?
MADELEINE
n va vous envoyer ses témoins.
MARCEL) gaiement.
Un duel entre nous?... Aujourd'hui?. Ce n'est pas sérieux.
MADELEINE
Je crois qu'il veut vous tuer.
MARCEL
Après trois ans? Gomme il y vat D'abord^ il n'en a pas le droit.
MADELEINE
Il y a prescription?
MARCEL
Bh! trois ans^ c'est trois ans.
MADELEINE
Au fait, vous avez raison. Aujoutyi'hui, vousn^aimeï
24 hk CHANGE DE FRANÇOISE
plus sa femme, et vous aimez la vôtre. Les temps sont changés. Maintenant, vous avez un bonheur à vous. Je comprends votre indignation.
MARCEL
Que vûulez-vous! on commence sur les barricades et on finit...
MADELEINE
On finit dans le gouvernement... Dites donc, Marcel, il arrive tard, mon mari, mais il arrive au bon moment.
MARCEL
Méchante I
MADELEINE
Dame, si l'histoire est ancienne pour vous, pour lui elle est nouvelle.
MARCEL
Ne parlons pas de lui.
MADELEINE
Il voua intéresse à présent?
MARCEL
Je n'avais pas prévu son chagrin. '
MADELEINE
Il faudra lui exprimer votre sympathie ^uajid vous le verrez. :
MARCEL
Sur le terrain? . -
MADELEINBé
Ailleurs...
MARCEL
Où alors? chez moi?